Libres propos

Comme nombre d’entre vous, j’ai alors pensé qu’il n’allait pas laisser passer une aussi franche occasion…

Témoignages.re / 13 juillet 2009

Comme nombre d’entre vous sans doute, en voyant jeudi dernier 9 Juillet sur mon écran de télé Monsieur Mongin dans ses œuvres et dans l’expression de ce dont il est capable, j’ai eu une pensée pour Monsieur Maccioni Pierre-Henri. Sans doute notre Préfet s’est-il dit lui aussi, car il ne serait alors pas le seul, que l’autre avait franchi certaines limites.

Sans doute s’est-il alors lui aussi exclamé – c’est en tout cas ce que, avec nombre d’entre vous, j’ai alors pensé - que quelque chose d’insupportable pour lui venait de se dérouler devant les yeux de nos enfants. Et qu’il n’allait pas laisser passer une aussi franche occasion : c’en est désormais fini de cette espèce de complicité (sans doute obligée et donc entretenue mais néanmoins lourde à porter pour lui même et pour son immédiat entourage) qu’il a pu, publiquement, donner l’impression d’entretenir avec celui qui, quelques jours auparavant encore, clamait que depuis plus de quatre mois il travaillait main dans la main avec les représentants de l’Etat.
Que c’en est désormais fini avec ce même personnage qui lançait alors devant micros et caméras que les responsables de la situation catastrophique dans laquelle se trouvent nombre de terrassiers, de camionneurs et d’artisans ne sont ni une pratique qui a permis, qu’en à peine trois ans, prés de 6OO engins de travaux publics tout neufs ont pu être vendus dans l’île au nom de la liberté du commerce et grâce à la défiscalisation tous azimuts et à la générosité bien légère de notre outil bancaire, ni une crise comme on n’en a pas connue depuis longtemps dans le monde et qui marque peut-être la fin d’une époque et d’un système. Pour ce fameux personnage, les seuls responsables ne peuvent être uniquement que ces foutues collectivités que sont la Région, le Département et les Communes. C’est ce qu’il a retiré des séances de travail que depuis plus de quatre mois il a avec le Préfet et ses collaborateurs !

Comme nombre d’entre vous sans doute, je me suis mis à croire que du coté de la Préfecture, on va rejoindre dans leur analyse ceux des transporteurs, terrassiers et artisans qui n’ont pas attendu cent sept ans –c’était à Gillot dés mercredi en fin d’après-midi ou vendredi midi devant un petit restaurant au Port— pour nous confier leur total désaccord avec des méthodes qu’ils n’hésitent plus à qualifier de grossières, d’inopportunes et selon toute vraisemblance commanditées dans un souci tout autre que la défense des intérêts d’une profession qui subit gravement les consequences de la crise.
Comment ne pas vous confier également que, sollicité par le Président de la Région pour rencontrer un petit artisan terrassier du village de la Rivière des Galets qui voulait parler de ses difficultés, j’ai pu constater de quoi est fait l’essentiel du courrier que reçoit quotidiennement cette profession. Le lundi 6 juillet, sur le bureau de mon interlocuteur, il y avait trois lettres d’une commune de l’Est l’informant que chacune de ses offres pour trois petits chantiers n’avaient pas été retenues. Il y avait encore une lettre d’une banque l’avisant que son découvert avait atteint la somme de 6.900 euros. Un troisième courrier émanait de son avocat pour constater qu’une créance de quelques 35.000 euros était définitivement perdue pour cause de faillite du petit sous-traitant avec lequel mon hôte avait partagé une affaire quand la situation était bonne.

En quittant ce petit terrassier après une heure d’échanges dans la petite maison familiale qui abrite ses bureaux, je croisais son père. Je reconnaissais alors ce vieux camarade avec qui tant de réunions publiques ont été tenues ici même, au village. Dans son regard, il y avait assurément de la tristesse, peut-être aussi la certitude que le moment est venu pour que l’Etat apporte à ses lois et aux réglementations des marchés publics les réformes qui les adapteraient à la nouvelle dimension économique du Monde.

R.Lauret