D’Alain Gretry à Christian Bénézis

22 février 2005

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Il est pas mal, mon ami Alain Gretry qui, depuis un peu plus d’un an maintenant, préside aux destinées de l’O.M.S. du Port. J’en veux comme indice sa toute dernière initiative : inviter Christian Bénézis pour une série de conférences à l’attention de tous ceux qui font de l’Office municipal du sport de la cité maritime une des valeurs sûres des organismes de soutien aux politiques sportives à La Réunion.
Je participais vendredi dernier à une de ces conférences. Le docteur Christian Bénézis, que je connais depuis de très nombreuses années, à l’époque où je siégeais au Conseil d’administration de la F.N.O.M.S, n’est pas seulement un très apprécié spécialiste de la médecine sportive. Dans ce domaine, l’audience dont il bénéficie déborde très largement le périmètre de la région du Languedoc-Roussillon et les frontières de la France. Sur la place internationale, le nom de Christian Bénézis est une référence.
Vendredi, c’est le conseiller général du département de l’Hérault qui s’adressait à la trentaine d’auditeurs que l’annonce d’un mauvais temps persistant sur l’île n’avait nullement découragés.
Il est heureux qu’Alain Gretry - auquel ses fonctions de professeur d’Histoire et de Géographie au collège Edmond-Albius donnent une vision non étriquée du rôle du sport quand il s’inscrit bien dans un projet de société - il est heureux qu’Alain Gretry, disais-je, n’ait pas hésité à offrir à ses collaborateurs la dimension héraultaise d’une politique sportive volontariste et franchement en tête du peloton de l’humanisme militant.
Ici, le propos du docteur Bénézis est sans détour.
À tous ceux qui sollicitent l’aide publique du département dont il a la responsabilité en matière de sports, l’ancien élu montpelliérain demande ce qu’ils envisagent bien de donner en échange. Tiens ! "Donner pour recevoir" : la formule est simple comme bonjour et évidente comme merci. Mais n’est-elle pas trop souvent coupablement négligée par nous-mêmes qui oublions que ce que nous donnons sous forme de subventions, c’est de l’argent public dont la gestion nous a été confiée par le peuple des contribuables ?
Et les 620 millions d’euros que Canal+ va donner au foot ? Seulement 5% iront au football amateur. Faut-il encore subventionner les clubs pros ? Réponse : non et trois fois non, car de "la lutte de clans", on a débouché dans "la lutte des firmes", sans que cela signifie que les yeux du foot business ont cessé d’être plus gros que son ventre. "On peut parier, prophétise Christian Bénézis, que le sport de Haut niveau va continuer à se casser la gueule".
Depuis le Conseil général de l’Hérault, le docteur Bénézis cherche la bonne thérapie pour un sport qui doit bâtir son projet de 21ème siècle en se disant qu’il peut et qu’il doit être le tremplin pour une société plus humaine, plus fraternelle et plus solidaire.
Tout autour de la table, on prend des notes et on accumule les idées, histoire de ne pas rater ici aussi ce train qui passe maintenant. "N’oublions pas, intervient le sage, que notre situation réunionnaise est faite d’une démographie forte, d’un taux de chômage incomparablement plus élevé que là-bas, d’un retard dans les équipements structurels qui nous oblige à d’autres types de priorités, un coût de la vie musclé..."
Alors, on écoute, on prend des notes, on questionne, on commente. Et on avance...

R. Lauret


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