Vous ne connaissez pas Kenneth Foster. Moi non plus. Disons, pour résumer les choses, que cet Américain avait 19 ans en 1996.
Un soir d’août de cette année-là, avec des copains, il entreprend une virée nocturne. C’est lui qui conduit le véhicule que son grand-père, le seul membre de sa famille qui se soucie quelque peu de lui, lui a prêté. Ses copains, “ces copains là”, il ne les connaît que depuis peu. Ils ont l’air de garçons de son âge, juste bons à commettre, par exemple justement ce soir-là, « deux braquages minables » qui leur rapportent 300 dollars extorqués à de simples gens qui passaient par là.
Ce soir d’août 1996, Kenneth ne peut savoir qu’un de la bande, sorti de la voiture seulement quelques instants avant pour draguer une jolie fille qui rentrait chez elle, va ressortir précipitamment de l’immeuble quelques instants plus tard après qu’un coup de feu ait retenti.
Devant le spectacle du “copain” haletant et le visage blême, il pense à tout et à rien, prend peur surtout et, sans se poser de question, démarre en écrasant l’accélérateur, histoire de mettre quelque distance entre eux deux et cet endroit qui semblait tranquille et d’où on tire des coups de feu sur le premier petit dragueur venu.
Sans le savoir, Kenneth Foster, 19 ans, vient de se rendre complice d’un crime. N’est-ce pas lui qui a conduit le tueur sur les lieux de son forfait ? N’est-ce pas lui qui, ledit forfait accompli, s’est enfui avec l’assassin, dans le souci évident de protéger ce dernier dont il est forcément le complice ? Car, son copain, “ce copain là”, vient de tuer Mickael Lahooad, le fils d’un célèbre avocat de San Antonio, dans l’État du Texas, aux USA. Kenneth le saura plus tard. Bien plus tard.
C’était donc un soir d’août 1996.
Kenneth sera jugé dans le cadre de la “Law of parties” (Loi des parties) qui permet que les acteurs secondaires d’un crime soient considérés et jugés comme autant coupables que les assassins. Il risque la peine capitale.
Du jugement, il retient que la charge qui a pesé dans le verdict (la condamnation à mort), c’est la couleur de sa peau.
Cela fait aujourd’hui 10 ans qu’il attend que le verdict soit exécuté. Le verdict et, évidemment par la même occasion, lui, Kenneth Foster, jeune Américain qui aura commis deux fautes qu’on ne pardonne pas “au pays des Bush” : d’une part, être présent à côté de l’assassin quand a lieu un crime. D’autre part, être né pauvre et noir 19 ans plus tôt.
Aujourd’hui, il le sait : dans une semaine, le 30 août prochain, vers 18h de là-bas, après 10 ans d’une attente soutenue, si la pression populaire, ni rien d’autre ne viennent pas contrecarrer le cours normal de la vie en “territoire amerloque”, un jeune homme de 30 ans se verra injecter une dose mortelle de substance savamment préparée et mesurée dans de secrets laboratoires.
En Irak, ils sont moins civilisés que ça. Là-bas, sans trop attendre, ils pendent tout simplement...
Raymond Lauret
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Messages
29 août 2007, 10:44, par Fatou ( correspondante de Kenneth)
Bonjour,
Je suis une correspondante de Kenneth.
Serait-il possible svp de diffuser la lettre ouverte adressée à Monsieur SARKOZY afin de le faire réagir.
Merci par avance