Est-ce prémonitoire ?

7 septembre 2005

C’est bien curieux ce qui se passe actuellement à La Nouvelle-Orléans. Le gouvernement des États-Unis est en train de démontrer avec éclat qu’il est bien plus doué pour larguer des bombes sur les populations dont il affirmait que les dirigeants posséderaient les armes à destruction massive que pour organiser les secours dans un de ses États.
Il faut dire que dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de “populations” qui, semble-t-il, n’ont pas la faveur de l’administration de George W. Bush. D’où le commentaire que nous avons entendu à la télé d’une dame américaine responsable d’une association humanitaire : "Si les habitants sinistrés de La Nouvelle-Orléans n’avaient pas été des noirs, les opérations de secours auraient eu une autre ampleur !"
Dur constat de la part de cette personne. Dur, mais sans doute aussi prémonitoire constat.
Un tel régime, capable à ce point de ne pas agir avant l’annonce de l’imminence d’une catastrophe qui n’a surpris personne puisque sa puissance avait été annoncée, incapable à ce point de réagir lorsque le malheur atteint les sommets qui étaient prévisibles et l’ampleur que l’on connaît, un tel régime disais-je, mérite-t-il de tenir longtemps ? Combien de temps va-t-il tenir encore ?
Ne faut-il pas espérer qu’une onde de choc traverse en profondeur le peuple américain ? En quelques courtes années, ce peuple vient de constater que ses dirigeants sont tout autant capables de tuer ailleurs et de laisser mourir chez lui.
Le propos de ce responsable en uniforme de pompier, en larmes, criant son indignation à des dirigeants nationaux qui se "réunissent dans leurs bureaux, tiennent des conférences de presse à Washington" et omettent d’organiser les secours à la hauteur du drame et qui soient dignes d’une puissance comme les États-Unis d’Amérique, le propos de ce responsable a sûrement ému des millions de citoyens américains...
Et puis, dans le monde entier, l’image de “gendarme du monde” que les U.S.A. ont voulu se donner vient sans aucun doute de prendre un sacré coup.
On peut être riche et puissant, et en même temps montrer que l’on est capable d’arrogance et de mépris pour les plus pauvres. Car personne ne croira que les États-Unis ne disposent pas des moyens pour régler en quelques jours ce qui perdure aujourd’hui sur un de leurs États.
Et puis, quel crédit accorder aux propos qu’un Bush ou qu’un Blair pourraient encore tenir contre les terroristes et Al Qaïda ?
Ben Laden, dans son trou de montagne, en sourit sûrement tandis qu’aux U.S.A., ils sont sans doute des dizaines et des dizaines de millions à maintenant s’interroger.
N’est-ce pas prémonitoire d’une onde de choc qui pourrait faire vaciller le géant fissuré ?

R. Lauret


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Témoignages - 82e année


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