Et maintenant, échéances électorales ou pas...

1er mars 2006

Si, dans le pays, il reste une seule personne qui est toujours convaincue que M. Dominique de Villepin ne sera pas candidat aux Présidentielles de l’année prochaine, qu’elle lève la main pour se faire connaître ! Pour tous les autres, il n’y a rien d’extraordinaire à ce que le Premier ministre ait tenu le discours que nous avons entendu dimanche. C’était visible et tellement prévisible ! Nous l’avions écrit, dans notre chronique quotidienne, la veille de son arrivée, samedi dernier donc. "Vous (nous) permettrez de penser que l’arrivée demain dimanche de M. le Premier ministre est un bon signe", y disions-nous. "À quelques encablures d’échéances capitales, le chef du Gouvernement ne vient pas ici pour faire de la figuration et, partant, se faire moucater...", ajoutions-nous, avant de poursuivre : "Impossible d’imaginer que dimanche soir ou, au plus tard lundi, nous ne soyons pas rassurés. Sinon, ce serait à ne plus rien comprendre". On le sait maintenant, nous nous trompions de quelques heures seulement...
Nous ne disions cependant pas moins que Bruno Geoffroy lequel, dans le “Quotidien” de lundi, écrivait que "Dominique de Villepin repartira ce matin vers Paris et nul doute que sa venue dans l’île aura marqué un tournant dans la lutte contre le chikungunya". Et la rédac’chef du “Quotidien” de poursuivre : "Ce seul constat... devrait satisfaire un homme qui, ne l’oublions pas, a débarqué en catastrophe parmi nous parce que... les sondages présidentiels le condamnent au mouvement".
Yves Montrouge ne pensait pas autrement. Dimanche, dans le “JIR”, il s’interrogeait là où nous nous permettrons la veille d’être affirmatif : "Annoncera-t-il le déblocage d’un financement exceptionnel...? Réponse aujourd’hui ou demain... Peut-être !". Ce qui, dans un commentaire qu’il signait lundi, donnait ceci : "Le chikungunya, le Gouvernement a réellement décidé, depuis hier, d’en faire son affaire. Ce sera aussi un véritable défi pour l’UMP avant les prochaines échéances électorales de 2007. C’est sans doute indécent, face aux personnes qui souffrent, de le dire de façon aussi triviale, mais dans tout combat, quelle que soit sa nature, il existe toujours un enjeu politique..."
Nous n’avons pas à être surpris qu’un Premier ministre de la France destine à un département français fortement sinistré des crédits qui sont ceux de l’ensemble des citoyens de la République. Le contraire eut été grave car insultant.
D’autres l’ont déjà dit : ce qui mérite davantage d’être souligné, c’est qu’il y a eu une belle mobilisation de l’ensemble (ou presque) des Réunionnais.
Il y a eu des propositions sensées, parfois criées avec la voix du désespoir ; il y a eu une grosse concertation dont quelques-uns sont seuls à savoir les points de justes détails et les volontés de totale solidarité qu’elle a nourris ; il y a eu encore une saine évaluation du désastre sanitaire qui a montré qu’il convenait de douter de tout ce qui minimisait la situation ; il y eut - allez, pourquoi pas ! - tel ou tel propos maladroit ou agressif ou encore - allez, oui, pourquoi pas ! - mal placé. Il y a eu tout cela, envoyé là où il fallait.
Bon... voilà, qui a été fait.
Et maintenant, échéances électorales ou pas, "Au boulot" (Yves Montrouge) parce que "tout reste à faire" (Bruno Geoffroy) et que "remporter la victoire sur l’épidémie exige que soient respectées deux conditions indissociables : la mobilisation générale dans le partenariat et la réalisation, par le gouvernement, des engagements pris" (Lucien Biedinger)... Échéance électorale ou pas.

R. Lauret


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