Libres propos

« Eux aussi », avec la CGPME et Pascal Thiaw Kine...

Témoignages.re / 30 novembre 2007

La Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME) de La Réunion conviait hier ses adhérents à une conférence - débat sur « le défi des TPE-PME Réunionnaises face aux nouveaux enjeux pour nos industries, commerces et services ».
Pour son président Pascal Thiaw Kine, « le monde économique est aujourd’hui construit sur un schéma bipolaire avec, d’une part les T.P.E - P.M.E et, d’autre part, les Grands groupes »... Et dans ce schéma “bicéphale”, les moyennes, les petites et les très petites entreprises doivent se développer durablement, notamment en rompant l’isolement dans lequel se trouvent souvent leurs responsables. Ce type de conférence-débat est un moyen parmi d’autres pour tenter d’y parvenir. Et de rappeler que son organisation « participe au dialogue social pour faire avancer l’Homme dans l’entreprise en reconnaissant sa valeur sociale et sociétale »... D’où la dimension humaine importante voulue tout au long des propos émis hier soir à la Halle des Manifestations du Port, devant un important public.
Pour qui connaît quelque peu Pascal Thiaw Kine, quand on se rappelle que ce chef d’entreprise n’oublie jamais ses racines réunionnaises et son devoir de solidarité vis-à-vis de ses compatriotes désireux de réussir dans leur vie d’Homme, on ne peut qu’être convaincu que, derrière sa démarche de président de la Confédération des PME, il y a une volonté forte de nous rappeler à tous, responsables économiques mais aussi élus politiques, que l’économie solidaire est bel et bien le troisième pôle de notre monde économique.
L’économie solidaire doit-elle être constamment reléguée, comme c’est souvent le cas par nos décideurs, au rang d’un social dévalorisé, voire dévalorisant, alors qu’elle implique ceux qui la vivent dans une recherche quotidiennement renouvelée de parts de marché, de production à prix maîtrisés, de techniques de vente ?
Hier soir, on entendait plus d’un s’interroger, dans le fond de sa conscience : « puis-je ne pas appréhender chez l’autre mes propres problèmes et soucis ? S’il est vrai que notre humanité n’est menacée que par elle-même, n’ai-je pas alors le devoir de me préoccuper de ces “gens de peu” qui nous montrent leur volonté de réussir ( eux aussi ) dans leur vie pour pouvoir ( eux aussi ) apporter leur contribution à la lutte générale contre le chômage ? ».
Et quand hier soir on disait avec raison que « la notion de taille de l’entreprise soit intégrée dans les approches socio-économiques pour tenir compte des différences de problématiques entre petites et grandes entreprises d’un même secteur », comment ne pas se suggérer à soi même d’aller plus loin avec la mise en place d’un “V.S.B.A.”, autrement dit d’un “Very Small Business Act” et non d’un seul S.B.A.?
L’initiative de la C.G.P.M.E. de ce jeudi 29 novembre valait pour le dialogue qu’elle invite chacun à avoir avec lui-même. Elle vaut aussi pour demain, parce qu’elle nous oblige à aller plus loin que là où notre seule culture de l’économie marchande nous a scotchés. Car si l’économie, c’est surtout l’histoire de l’être humain, alors elle a été forcément sociale à ses tous débuts. Quitte à le rester aujourd’hui encore si et puisque les systèmes ont par la suite dysfonctionné.

Raymond Lauret