APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
17 novembre 2004

À propos du terrain que le Département a, il y a peu, subitement réservé aux Brasseries de Bourbon, Sébastien Laporte, dans le “JIR” de ce mardi 16 novembre, croit y voir "les explications les plus surprenantes". C’est bien pourquoi il s’interroge : "Pression de l’Elysée ou lobbying d’un grand groupe ?"
Dans mon billet de vendredi dernier (“Brasseries de Bourbon : le gâchis programmé...”), j’avais regretté la manière que le Conseil général avait eue vis-à-vis de la ville du Port dont le maire siège pourtant à la Commission permanente. Il faut le rappeler : c’est le matin du jour où l’exécutif départemental se réunit hebdomadairement que Jean-Yves Langenier est avisé que “la question” sera examinée.
N’importe qui aurait compris qu’une telle façon de se comporter vis-à-vis d’un premier magistrat est une grave et inacceptable faute. Mais y a-t-il vraiment eu faute ? N’y a-t-il pas eu, bien au contraire, un acte finalement délibéré visant, par exemple et entre autres, à engager l’épreuve de force vis-à-vis d’un maire qui s’est permis de considérer qu’il a son mot à dire sur l’aménagement de toute parcelle de terrain de la commune dont il est l’élu ?
Comment un homme aussi prévenant que le directeur général des services du Département a-t-il pu couvrir un tel passage en force, surtout qu’il n’a pas le droit d’ignorer qu’il oblige ainsi tout offensé à relever une telle outrance ? C’est pourquoi on a pu, très sérieusement, se demander si l’initiative intempestive du Conseil général ne cherchait pas tout simplement à créer les conditions d’une rupture avec le Port, rupture dont l’entreprise Brasseries de Bourbon seraient la perdante obligée, pourvu que “certains” puissent se bomber le torse, après la défaite de mars dernier, histoire de dire que la majorité présidentielle d’ici “y bouge encore”...
Dès lors, il apparaissait que les explications que d’aucuns laissaient entendre pouvaient être considérées comme plausibles : il a pu y avoir intervention très appuyée de l’UMP parisienne, dans le souci de bien affirmer que “l’on relance le combat”, 2007 n’étant finalement pas bien loin !
Et puis, autre détail qui n’a pu échapper à toute personne concernée par cette affaire : dans la conférence de presse qu’il a donnée vendredi dernier, Jean-Yves Langenier a explicitement laissé entendre qu’il ne fermait pas la porte. C’était une question à creuser, suivie sans doute d’une opportunité à saisir.
À la place de certains, je n’aurai pas, alors, suscité les interrogations du genre de celles que rapporte Sébastien Laporte ce mardi.
Curieusement, c’est le Conseil général qui, ignorant (superbement !) le geste de bonne volonté du maire du Port, continue dans la poursuite de la provocation, pendant que, souligne le “JIR”, "le groupe Heineken reste parfaitement silencieux".
C’est éclairant, non ?
Raymond Lauret
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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