Idée d’un vieux copain...

20 octobre 2005

À un bon copain qui me demandait ce qui m’a frappé le plus dans la visite que François Baroin vient d’effectuer dans notre île, j’hésitais entre la brièveté du séjour, les quelques instants pris en dehors du programme officiel pour saluer la famille de Jean-Marie Picard ou encore le regard “courroucé” qu’Ibrahim Dindar lança en direction du ministre qui devisait avec Nassimah alors qu’il prononçait son discours !
"Non, me répondit mon ami. La brièveté ? C’est normal quand on est Ministre. La partition est réglée d’avance. Ça donne une impression de densité... Les condoléances à la famille de Jean-Marie Picard ? C’est Paul qui l’a suggéré... Dindar et son coup d’œil ? Oui... si tu veux... c’est un signe dont on verra peut-être un jour le sens. Mais..."
Mais ce qui a le plus marqué mon camarade qui en a vu d’autres, c’est la visite du Ministre des DOM, soutien fidèle de Jacques Chirac (et “fils de son père”, insistera mon pote qui a l’air d’en connaître un rayon), à Free Dom. Et pas seulement dans le jeu de mots !
"Cela a un sens, une telle visite, m’assure mon ami, c’est de la haute stratégie politique". Et d’insister qu’un ministre “normal” ne peut pas honorer une radio, un mouvement et son leader qui, telle la sainte trinité, n’en font qu’un pour s’en prendre à son gouvernement, parfois avec virulence, toujours avec constance, insistance et insinuations diverses.
J’avoue ne pas avoir été indifférent à ce que m’a dit mon pote. Et de m’interroger : besoin pour le ministre qui a proposé une loi pour lutter contre les migrations comoriennes de se rapprocher d’une radio qui (je ne l’ai jamais entendu puisque j’écoute peu les radios) l’aurait bien soutenu ? Souci de “légitimer” un mouvement en vue d’une paix des braves ? Un coup de Margie qui bougerait encore même si elle a disparu du paysage réunionnais ? Dessein d’un tout autre ordre ?... Simple démarche pour dissoudre l’effet Sarko, si effet il a pu y avoir, en tout cas vu depuis Paris et dans la droite ?
Pendant que - signe du temps qui arrive - Jean-Paul Virapoullé traitait de “faux culs” des dirigeants de la Chambre d’Agriculture et ses anciens amis les “gros usiniers”, pendant qu’en l’absence des parlementaires de droite (mais avec leur “accord”), le colonat était aboli, Baroin, c’est-à-dire Jacques Chirac, tissait sa toile.
Qui va encore prétendre que le vieux lion est presque mort à une vingtaine de mois de la prochaine élection présidentielle ?

R. Lauret


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Témoignages - 82e année


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