Libres propos

Il n’est pas utopique de penser à un « Code de la rue »...

Témoignages.re / 22 octobre 2007

La journée de grève qui s’est déclenchée jeudi dernier contre la réforme des régimes spéciaux de retraite a été massivement suivie, notamment à la S.N.C.F.. Avec un pic de 73% de grévistes chez les cheminots, elle a sensiblement perturbé la vie dans les grandes métropoles françaises. Et montré que sans notre bon vieux chemin de fer, bonjour les problèmes !
Elle a montré également que, à cette occasion, pour faire face à cette « gène », bon nombre de Français sortent le vélo. Et, pendant que ceux qui, dans une incroyable dépendance au conservatisme et à la routine, continuent à se réfugier vers leurs voitures ou dans les taxis et s’enfoncent en fait dans des bouchons de circulation qui leur font perdre leur temps en même temps que leurs journées, d’autres, plus intelligents, pédalent tranquillement, avancent aisément et arrivent à destination sans trop d’encombre. Sans encombre du tout... vu que les bagnoles se neutralisent encore plus que d’habitude dans un tragi-comique surplace agrémenté d’émissions accentuées de CO2.
On en est presque à se dire qu’il en faudrait encore de ces grèves pour que nous prenions davantage conscience combien l’usage de la voiture individuelle en ville est dépassé, nocif, anti-économique et tourne tout simplement le dos au bien-être de l’Homme. Cela contribuerait sûrement à l’accélération d’une tendance qui commence à être visible en France.
Certes, les métropoles françaises sont encore loin de villes de Hollande, de Belgique, d’Allemagne, de Suisse et évidemment de Chine pour ce qui est du mode de circulation des citadins.
Mais il commence à y avoir un gros frémissement. A Paris, Lyon, Toulouse, Besançon, Nantes, Mulhouse, Strasbourg, Marseille ou Montpellier (pour ne citer que celles-là), « le vélo » est de plus en plus un mode de déplacement qui montre sa modernité. La bicyclette y est en “libre-service” et jouit d’un système moderne de gestion.
Et qu’au congrès du « Club des Villes cyclables » qui se tenait la semaine dernière à Lyon on a parlé abondamment de l’adoption d’un « code de la rue » , voila qui montre qu’un vent nouveau souffle sur notre culture du déplacement.
Les 30 novembre, 1 et 2 décembre prochains, notre île vivra son deuxième « Carrefour du Vélo ». L’évènement se déroulera dans l’Ouest du département, au Port plus précisément.
Il n’est pas utopique de penser qu’un sérieux coup d’accélérateur pourrait être ressenti à cette occasion qui montrera à ceux qui sont sceptiques que pédaler tranquillement n’est pas réservé aux sourires des seuls autres. Ce sera notre « vélorution ».

Raymond Lauret