Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
Libres propos
20 novembre 2006

Léon Blum disait, au lendemain de l’avènement du Front Populaire, que « les problèmes commencent maintenant qu’on a gagné ».
Ce constat est, en 2006, plus vérité que jamais. Romano Prodi, le Président du Conseil du Gouvernement italien, est entrain de le vérifier après qu’il eut succédé à Sylvio Berlusconi, il y a quelques mois seulement. Porté alors par une vague qui a déferlé sur l’Italie et qui renvoyé l’ancien président à ses chères affaires, M. Prodi voit monter de toute part, dans l’opposition bien sûr, mais également dans sa propre majorité, des flots de protestation. C’est que son projet de budget pour 2007 « prévoit une réduction de 10 milliards d’euros des dépenses publiques afin de satisfaire aux critères européens concernant les déficits publics ».
De sombres coupes dans le social au volet fiscal qui introduit des hausses d’impôt pour les tranches supérieures de revenus en passant par la stagnation des fonds destinés à la recherche ou encore à la non prise en compte de demandes d’une grande partie de la société civile quant à son aspiration à s’investir dans une économie sociale et solidaire qui a cru en son heure, ce projet de budget est entrain de fragiliser la coalition au pouvoir. On parle de bataille qui donne l’image d’« un véritable souk ». Et pour le quotidien “La Repubblica” de l’autre dimanche, « le spectacle donné ces jours derniers conduit à penser que les partis, à gauche comme à droite, ne contrôlent plus rien, ni personne ».
Ce à quoi Romano Prodi répond que « nous sommes dans un pays devenu fou qui ne pense pas au lendemain ». Et de rappeler qu’il ne faut pas croire que l’on sortira « de la situation de crise profonde dans laquelle on nous a laissé l’Italie sans faire des changements, ni des sacrifices, sans que chacun apporte sa propre contribution au lieu de penser que c’est toujours à l’autre de le faire ».
Enlevons de cette dernière déclaration le seul mot “Italie” et nous pouvons penser que ce pourrait bien être le même propos qui sera tenu au peuple de France fin 2007 quand Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal devra expliquer les nécessaires contributions que chacun aura à faire si on veut faire avancer « l’intérêt général au lieu de défendre, dans la réalité, des intérêts catégoriels et partisans ».
Je rêve que tous les candidats et plus particulièrement ceux qui ont les faveurs des sondages sachent nous le dire pendant la campagne. Ce serait non seulement du courage mais aussi..., mais surtout..., tout simplement de l’intelligence. Tant il vrai que « les problèmes commencent maintenant qu’on a gagné » si on n’a pas pris soin de dire à l’opinion publique ce qui se passe quand il s’agira de faire avancer l’intérêt général au détriment des intérêts catégoriels...
Raymond Lauret
Le monde a changé
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