Rentrée à l’Université : à La Réunion, la précarité étudiante atteint un point de rupture
26 août, parConséquence du système néocolonial
3 juin 2005

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Dans un de ces textes qui ont éveillé et qui continuent à émerveiller notre intérêt de potaches à l’expression poétique dans la littérature française, Victor Hugo saluait "ces marins qui sombrent dans les nuits noires et les flots qui recouvrent leurs lugubres histoires" et évoquait "ces frêles esquifs qui partaient joyeux au loin, dans des courses lointaines, avec tant de marins et tant de capitaines où beaucoup périraient, dure et très triste fortune, dans une mer sans fond, par une nuit sans lune, sous l’aveugle océan, à jamais enfouis, dans ce morne néant où tout s’évanouit".
Comment réagirait aujourd’hui l’auteur de “Notre Dame de Paris” et des “Misérables” quand on lui dirait que Bruxelles doit examiner dans les semaines à venir une proposition de règlement du Fonds européens de la pêche dont Jean-René Enilorac, l’artisan pêcheur, président du Comité des pêches de La Réunion, craint qu’il n’ait qu’une portée continentale, ce qui veut dire qu’on tire dans le tas à coup de sévères restrictions, sans distinguer notre situation particulière de Région ultra-périphérique européenne posée dans le cœur d’un Océan Indien encore poissonneux qu’il ne faut pas confondre avec la mer du Nord ou l’océan Atlantique, là-bas où il est sans aucun doute parfaitement justifié que l’on réduise le nombre de bateaux en activité ?
Comment réagirait-il quand il entendrait qu’il y a urgence à protéger la ressource régionale au profit d’un plan ambitieux tourné vers le développement économique et un mieux être social des pays riverains et dont les populations souvent, et en trop grand nombre, vivent dans le drame d’une misère dont les pays nantis n’arriveront jamais à s’en faire concrètement une exacte idée ?
Dans quelle encre rageuse tremperait-il sa plume pour écrire sa colère quand il entendrait que plus de 97% des 2 millions 800.000 tonnes de poissons pélagiques prélevées dans l’Océan Indien le sont par des flottilles de Taïwan et du Japon qui “laissent” aux palangriers réunionnais moins de 0,1% de cette pêche ?
Devant quelle Académie ou quelle Assemblée d’élus s’élèverait-il pour aller crier son indignation quand il aurait su que les règles de "la concurrence libre et non faussée" faussent sans honte ni retenue les difficiles équilibres de nos économies insulaires et isolées de petits territoires confrontés aux lois d’une démographie en expansion ?
Victor Hugo n’était évidemment pas présent dans l’hémicycle Pierre Lagourgue au Conseil régional de La Réunion où la pêche réunionnaise tenait séminaire mercredi dernier. Nul doute que s’il avait été là, il y aurait été tout à fait à sa place...
R. Lauret
Conséquence du système néocolonial
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