L’Osiris

29 septembre 2004

Ce lundi, à la tombée du jour, sous la voûte étoilée qui rivalise déjà avec les lumières scintillantes de la ville, accosté au poste deux du Port Ouest, l’Osiris offre aux regards d’un parterre d’invités son élégante parure blanche.
Il a fière allure même si, à l’évidence, il a été pensé pour ne pas attirer l’attention lorsqu’il aura à affronter le ban et l’arrière ban de la piraterie dans nos quarantièmes rugissants.
Devant lui, comme s’il était couché à ses pieds, sa première capture, désormais obéissante après avoir voulu jouer au petit malin, “L’Apache” attend résigné et docile, son destin de l’après-judiciaire. Finira-t-il au fond de l’océan ou bien remodelé par les mains expertes de ceux qui vous transforment un bateau pirate en un efficace gardien de la légalité des mers ?
Mais revenons à l’Osiris, œuvre d’armateurs réunionnais qui ont cru qu’il pouvait vivre une nouvelle vie en s’érigeant désormais en surveillant de nos zones économiques exclusives...
Un quart d’heure, rappellera l’administrateur supérieur des TAAF (terres australes et antarctiques françaises), avait suffi pour que le Conseil général, il y a deux ans, marque son accord aux autorités et aux professionnels de la pêche venus expliquer aux responsables politiques de la Pyramide inversée l’objet de la démarche : obtenir de l’assemblée régionale un crédit d’un million d’euros pour transformer un bateau pirate en patrouilleur civil aux côtés des bâtiments de la Marine nationale.
Ce lundi, à la tombée du jour, nous étions assez fiers de constater que l’idée a été excellente et que le détracteur de l’époque - le même, déjà lui - faisait naître des sourires qui savent dire ce que les gens responsables pensent des démagogues...


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Témoignages - 82e année


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