L’UMP l’a dit... L’ADI l’a fé : Léa lé là !

13 décembre 2005

On pardonnera bien volontiers à Jacques Tillier (“JIR” du samedi dernier 10 décembre) de s’être gouré en parlant de François Léa comme d’un "tout frais élu conseiller général sous la bannière d’Alain Bénard". On lui pardonnera cette étonnante erreur, car l’autre partie de l’information qu’il donne valait la peine que nous vérifiions. Nous avons donc vérifié : François Léa, conseiller général très éphémère d’un canton de Saint-Paul qui, après dix-huit mois seulement de mandat, a été déclaré inéligible, a bien été embauché, comme “Conseiller” (tout court), à l’agence portoise de l’ADI. Pourquoi donc cet emploi est-il aujourd’hui miraculeusement tombé dans l’escarcelle de celui qui, devant les caméras de télévision et dans la presse, il y a encore à peine deux mois, fustigeait Gilbert Mardénalom, Alain Bénard et tout ce que "ces deux-là" représentent à ses yeux ? François Léa, ulcéré et remonté, criait alors sa bonne foi et son indignation réunies et assurait que, puisqu’on lui refuse l’honneur de représenter le peuple, il soutiendrait son épouse aux partielles à venir et qu’ainsi il garderait le poste entre de bonnes et propres mains. Na...
Et puis... pchittt... La baudruche s’est dégonflée ! “Léa”, suite à un accord avec la Municipalité pour une bonne place à responsabilité dans les affaires saint-pauloises de demain, a-t-on écrit dans le journal, se rangeait. Jean-Paul Virapoullé, Nassimah Dindar, entre autres, sont venus sur le terrain et en conférences de presse montrer que la solidarité à l’UMP, c’est du solide.
Voilà pourquoi, depuis le 1er décembre dernier, Monsieur François Léa a été nommé “Conseiller à l’emploi” à l’ADI, dans ses bureaux du Port... Plus d’un, au début, ont cru à la blague de l’année.
Ce n’est pas une blague. J’ai téléphoné pour vérifier. À Saint-Denis tout d’abord, puis au Port. Mes interlocuteurs, vous vous en doutez, sont très très très heureux de ce Léa-là, un Léa dont on leur a dit qu’il est désormais devenu leur collègue !... "Qui a dit ça à l’ADI ?". À notre question, on entend leurs sourires à l’autre bout du fil. "L’ADI l’a dit..." C’est pourquoi Léa lé là ! Faut pas chercher plus... On comprend !... Comme on comprend !!
Que je vous le dise pour clore ce billet : François Léa illustre parfaitement le genre de rigolo auquel il faudra qu’on se méfie de donner l’absolution à partir de ses seules déclarations.
Mais, dans cette affaire, Léa n’est pas le pire. Le pire, c’est cette classe politique atteinte du vertige du pouvoir et du cynisme qui va avec et qui se moque de provoquer ainsi l’opinion publique. Car une question s’impose : en resterons-nous là ?
Mon petit doigt me dit qu’une réaction (salutaire) va se faire entendre et que le bruit qu’elle déclenchera rappellera à Madame la Présidente du Conseil général ce qu’elle clamait, devant témoins, à Saint-Denis, dans le bureau de Jocelyn de Lavergne à la Chambre de métiers, un jour de visite de Monsieur Borloo : je l’avais entendu ce jour-là nous dire qu’il y a des scandales qu’il faut faire cesser et qui vont cesser !
En définitive, la seule morale dans cette histoire qui n’en a pas ne serait-elle pas que la promesse faite par le cercle haut de l’UMP à François Léa a été tenue ? Et qu’elle a été tenue en un temps record ? D’autres Léa vont-ils se manifester pour que les promesses à eux faites soient également tenues ?

R. Lauret


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