Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
12 juin 2006

Une fois encore, je vous le redis : les histoires du parti socialiste ne sont pas mes histoires. Mais comme dans le passé j’ai voté (moi aussi) Mitterrand ou Jospin, je n’arrive pas à rester indifférent à ce que je vois et entends.
Par exemple, l’autre soir, je regardais à la télé ceux qu’on appelle “les éléphants” de la maison sortir, à une heure fort avancée de la nuit, de la réunion où ils venaient de se mettre tous d’accord sur leur programme pour "réussir ensemble le changement". La démarche n’est pas critiquable, loin de là. Elle est même tout ce qu’il y a de plus classique. En tout cas, elle répond à ce que la tendance demande : un bon salaire minimum, le plein emploi pour les jeunes et les moins jeunes, du logement, des quartiers équipés et d’autres mesures encore un peu à la marge aujourd’hui comme le mariage et l’adoption pour les homosexuels. Il n’y a pas de quoi exploser de joie. Et la satisfaction qui se devinait sur les visages de certains, n’arrivait pas à dissiper ce qui ne se dit pas encore pour l’heure et qui est la réelle question : qui sera LE candidat ? Sachant que pour bon nombre de ceux qui se la posent, la réponse, c’est : "C’est moi !"
Et c’est là que je voulais en venir : depuis la disparition de François Mitterrand qui sut, sans avoir rien à dire, ni rien à faire, mais en simplement fixant de ses yeux malicieux chacun de ceux du premier cercle, protéger un Michel Rocard, par exemple, de toute velléité présidentielle, depuis Mitterrand donc, le PS n’a plus une mais plusieurs pointures. Autant de pointures que de courants. Ce qui fait que lorsque certains se sont accordés sur un nom, il en reste encore quelques-uns !
Un Dominique Strauss-Khahn, derrière ses petits yeux qui se veulent charmeurs, aura-t-il laché pour de bon son dernier mot quand la messe sera dite ? Un Laurent Fabius, toujours auréolé d’avoir su deviner que le peuple de France voterait fortement majoritairement “Non”, tout récemment encore, acceptera-t-il que l’on dilue, selon lui, les chances de victoire en choisissant celle qui, dit-on, a, en définitive, donné du crédit aux thèses populistes des Le Pen, Sarkozy ou de Villiers ?
Et les fidèles de Lionel Jospin ne sont-ils pas à l’heure qu’il est à se demander s’il ne conviendrait pas qu’ils se rendent vite à l’île de Ré, histoire de réveiller celui qui ne dort pas, écoute et attend ?
R. Lauret
Le monde a changé
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