Libres propos

La M.T.C. : un art médical complet, ancien, mais non pas vieillot...

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Témoignages.re / 27 juin 2007

« Je pense, a confié à l’éthomédecin et sinobiologue Richard Bansard un cardio-chirurgien français, que la médecine chinoise revient avec de plus en plus de force dans notre arsenal thérapeutique. Et ce constat ne m’est pas personnel. Il est partagé par beaucoup. Il y a vraiment une place pour vous en France ».
Il est exact que de nombreux médecins allopathes (médecine officielle) tiennent également ce genre d’appréciation. Ils entendent ne pas rester murés dans des certitudes pourtant avérées et acquises à la Faculté lorsque qu’ils butent sur leurs constats d’impuissance dans certains cas, ou encore sur les effets secondaires ingérables de certains médicaments pourtant certifiés A.M.M. . Ils entendent voir plus loin que ce qu’on leur a enseigné quand, alors, ils vérifient les résultats obtenus ailleurs en médecine chinoise sur des pathologies où, eux, n’obtiennent pas des résultats satisfaisants.
Faisons ici un rapide détour dans les profondeurs de l’Histoire.
En préambule d’un livre français qui traite de la pharmacie, livre édité dans les années 1950, on évoque « le IIème siècle de l’ère chrétienne (où) existait une faculté de médecine réputée, aux confluents de l’Asie et de la Méditerranée. Cette faculté réunissait les Savoirs des Sciences chinoise, indienne et méditerranéenne »... Un peu plus tard, entre les 8ème et 12ème siècles, la capitale des sciences était Bagdad, haut lieu où ont pu alors avancer les mathématiques, la physique, l’astrologie, l’astronomie, la géologie et évidemment la Médecine. Notre bonne ville du Port à La Réunion n’a-t-elle pas donné à une rue d’un de ses quartiers “médicaux” le nom du prestigieux Avicenne (980-1037), un savant des plus remarquables de l’Orient ? Avicenne rédigea « le Canon de la médecine » et « la Philosophie illuminative ». Il était médecin et philosophe iranien. C’était il y a 10 siècles.
La Médecine Traditionnelle Chinoise (M.T.C.) est sans doute la plus ancienne et assurément la plus structurée des « ethnomédecines ». Elle est plurimillénaire et s’est enrichie des contributions de siècles et de siècles de générations, pour en faire « un art médical complet, ancien mais non pas vieillot ».
Pour les observateurs du monde entier, la Médecine Traditionnelle Chinoise n’est pas « une sous-médecine pour prendre en charge les petits bobos, mais bien une médecine à part entière. Une médecine tout aussi respectable et sérieuse que la médecine moderne allopathe. Une médecine “prédictive” qui, forte de son patrimoine taoïste, prône la vie, la longévité et considère que « se soigner quand on est malade, revient à creuser un puits quand on est sous l’emprise de la soif » ...
La M.T.C. est une réalité. Ceux d’entre nous qui ont eu l’occasion - j’allais dire le bonheur - de se rendre en Chine ont eu à connaître de cet art qui se décline de mille manières.
Sa pratique a dépassé les limites de l’Empire du Milieu. Elle a cours en Afrique, en Amérique du Nord et également en Allemagne ou aux Pays-Bas.
Le Parlement européen a même adopté en Mai 1999 « le décret Lanoye » qui, après amendements, fut voté. Il y est proposé aux états membres de l’Union Européenne « d’œuvrer à la légalisation des médecines parallèles ».
A l’heure où l’on découvre (?) que notre « sécurité sociale » est menacée par le coût difficilement maîtrisable de ses dépenses de santé, à l’heure où on est en mesure de “chiffrer” le poids d’un système bien trop “managé” par les puissances de l’argent des grands laboratoires, le temps n’est-il pas venu de se demander s’il n’y a pas d’autres méthodes pour guérir ? Et surtout, le temps n’est-il pas venu de tordre le cou à ce postulat qui veut que certaines guérisons peuvent être illégales ?
Le candidat heureux à la dernière élection présidentielle disait : « A quoi bon s’engager en politique si l’on est par avance persuadé que l’on ne peut rien faire contre la ségrégation, le communautarisme, la discrimination, le racisme ou l’antisémitisme, rien contre les excès du libre-échange ou les excès de la finance globale, rien contre les atteintes aux droits de l’Homme ? ».
Nicolas Sarkozy aurait pu rajouter à tous ces axes de réforme que son engagement politique appelle, la nécessité de corriger notre politique de santé... Cela n’est pas contradictoire avec sa vision de l’avenir ici exprimée. Souhaitons lui d’y penser ou seulement d’en être informé !
D’où l’idée que nous évoquerons demain : « pour un Secrétariat d’Etat aux Médecines parallèles ».

Raymond Lauret