APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
15 septembre 2007

Samedi dernier, dès 11h, une épaisse et noire fumée envahit le ciel et se répand au dessus de ma bonne ville du Port. Deux bateaux de pêche - dont l’un de 25 mètres - brûlent dans un des bassins du port ouest, juste à côté du Foyer des Dockers, à vingt mètres d’un silo à sucre et des bureaux qui abritent le service d’urbanisme de la ville.
L’air est irrespirable et sans doute chargé de particules toxiques. Toute la journée, les pompiers lutteront contre un type incendie auquel ils ne sont pas habitués. Le soir, vers 21 heures, les fumées sortent toujours des carcasses que l’on devine calcinées des deux bâtiments dont les propriétaires ont fait il y a deux ou trois ans l’objet d’un jugement du tribunal de Saint Denis.
Les propriétaires ? La société “Vicking” qui a disparu depuis belle lurette du ciel (et des mers ?) réunionnais. Depuis, les deux bateaux ont vocation à être saisis par les autorités sans doute pour pouvoir être vendus aux plus offrants.
Problème : les dits bateaux ont été achetés en co-propriété. Compliqué de retrouver tous les propriétaires dont certains, assurément, se sont lancés dans l’aventure d’un bâtiment de pêche uniquement pour “défiscaliser”. Leur seul souci : les avantages fiscaux liés à l’opération et, cerise sur le gâteau, d’éventuels dividendes !
La Chambre de Commerce, dont le “slip-way” est embarrassé de 3 autres bateaux appartenant à la même société, s’est lancée elle aussi à la ... poursuite des propriétaires. Vainement. La nébuleuse “Vicking” ne répondra pas. Elle ne répond plus.
Que dit la loi ?
Selon des renseignements qui courent les quais, tout ce qui est sur le plan d’eau d’un port relève de la responsabilité de l’État.
Le Commandant des lieux attirera bien l’attention de sa hiérarchie sur le danger qu’il y a à laisser à l’abandon deux bâtiments ouverts à tous les vents... et à tous les passants. Il est proposé que soit prononcé la destitution de la propriété. Ce qui semble normal, vu l’absence totale de manifestation de la part des présumés propriétaires.
M. Jean Ballendras, Secrétaire Général aux Affaires Régionales et Economiques à la Préfecture de St Denis, adressera même un courrier au Ministre des Transports pour demander que soit vite régularisée, par le biais de l’autorité de l’État, une situation qui coûte fort cher à la puissance publique. Et qui n’est pas sans danger.
La réponse n’a pas eu le temps d’arriver : un mégot de cigarette mal éteint est (peut-être) passé par là.
Et aujourd’hui, à tous les niveaux, il se trouve des voix pour penser qu’à être restées trop longtemps dans la logique du seul Droit, les autorités ont permis que naisse une situation pour le moins extravagante.
D’où l’idée avancée selon laquelle la mer ne saurait être une poubelle. À plus forte raison quand elle borde une cité et participe à la vie de dizaines de milliers d’hommes et de femmes ...
Raymond Lauret
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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