Crise de l’eau à La Réunion : remettre à plat un système qui favorise le gaspillage
25 août, parMettre fin aux privilèges de classe
7 octobre 2005

Vous avez sûrement lu le message que Marc Kichenapanaïdou a envoyé ces jours derniers à toute la presse, message qui annonçait la disparition, à plus de 99 ans, de Mme Marie-France Dijoux.
J’ai entre les mains le petit ouvrage que le G.R.A.H.TER (Groupe de Recherches sur l’Archéologie et l’Histoire de la Terre Réunionnaise) a publié il y a deux ans et qui est “le récit de vie” de Mme Dijoux. C’est Sulliman Issop, collaborateur du G.R.A.H.TER, qui avait recueilli les notes écrites par celle dont le père René Payet a dit qu’elle est "une grande mère tellement heureuse et fière de ce qui lui a été donné de vivre qu’elle ne pouvait plus se contenter de le raconter à ses petits-enfants et arrière-petits-enfants". Ça débordait. "Alors, poursuit René, elle se mit à écrire... Lisez-la, vous verrez... Ça n’est pas de la littérature. C’est une vie".
Sulliman Issop pour sa part précise que, "ce récit de vie a été entièrement rédigé par Marie-France Dijoux elle-même... Elle écrit comme si le papier pouvait absorber et l’encre et son besoin de dire, de témoigner, de laisser une trace, et peut-être de ressusciter ses chers disparus trop tôt, ses tendres années, ses belles erreurs. Son récit s’étire comme un chant pour baiser le front de ses descendants..."
J’ai feuilleté le petit ouvrage, gagné par la curiosité de savoir ce que, dans son cirque de Cilaos, Marie-France Dijoux avait pu vivre.
La curiosité, très vite, laisse toute la place à l’émotion et à toute la reconnaissance que nous pouvons avoir pour les gens des époques d’avant lorsque, nous est-il rappelé, "le dimanche nous allions à la messe" et que, pour cette occasion seulement, "la robe blanche et les souliers étaient réservés".
Et puis, quelques phrases plus loin : "Nous étions toujours en guerre. Le pain était rare, on n’en achetait que pour un sou par jour, pour mon petit frère. Nous n’avions pas d’eau dans la cour, pas non plus de robinet au chemin, encore moins dans la maison..."
Je tourne encore les pages : "Tous les jours, on entrait en classe avec un chant. Puis, c’était la visite des ongles..."
Je poursuis encore, Une, deux, quatre et dix pages... Mon attention repousse la nuit et l’heure pour moi de m’endormir.
Je (re)pense à "la visite des ongles" et sourit à cette époque que j’ai connue où la maîtresse d’école, en effet, nous invitait à cette petite attention.
Je pense et souris.
Je sais que je souris à l’idée que Monique qui saisit et Fanny qui corrige nos articles à “Témoignages”, du haut de leurs jeunes années, m’appelleront sûrement pour me dire que je me suis sans doute trompé et qu’il s’agirait plutôt de la visite des oncles ?
R. Lauret
Mettre fin aux privilèges de classe
Mézami, opliss i sava, opliss ni antann dann radio kalité mizangarde i jène anou d’antann ; I jenn anou d’antann i fo pi ni aroz in pti karo gazon (…)
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