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Le Port, ville solaire : un choix historique

Témoignages.re / 27 septembre 2007

Il y a 36 ans, le 2 décembre 1971, le Conseil Municipal du Port, alors présidé par Paul Vergès depuis 9 mois seulement, adoptait une délibération portant sur les grands principes d’aménagement de la Commune pour les deux à trois décennies à venir. Cet acte de naissance d’une volonté politique forte a été pour la ville le point de départ d’un développement réfléchi que d’aucuns aujourd’hui encore qualifient d’exemplaire.
Vingt-cinq ans plus tard, le 24 juillet 1996, sous l’impulsion de Jean Yves Langenier, le projet « la Ville est port » précisait les avancées d’une politique et consolidait la perception urbaine de la façade maritime de la cité portoise.
Hier mercredi 26 septembre 2007, une troisième délibération forte est venue enrichir le volontarisme portois en matière d’aménagement avec un « projet stratégique global » pour faire du « Port une ville solaire » .
Partant du principe que leur commune « bénéficie de l’un des meilleurs ensoleillement de l’île », soulignant encore « ... que les grandes toitures industrielles et commerciales et l’ensemble des quartiers recèlent un potentiel considérable pour l’équipement solaire photovoltaïque et thermique », et que « ... la ferme photovoltaïque SAPRIM et d’autres de moindres importances ont fait la preuve de l’efficacité de la technologie » des panneaux solaires et photovoltaïques, les élus du Port ont fait le choix historique de proposer la généralisation du solaire pour toutes les constructions de la Commune.
Il s’agit là d’un acte d’urbanisme réglementaire et opérationnel historique qui, nous a précisé Monsieur David Brillant de l’ARER, permettra à moyen terme à la ville du Port, d’une part, de produire de l’énergie photovoltaïque (production d’électricité à partir du soleil) qui sera réinjectée dans le réseau électrique d’EDF, et d’autre part, de maîtriser sa consommation en électricité. Le potentiel photovoltaïque sur la Commune du Port est de 30 mégawatts (MW) soit 30 fois la puissance du générateur photovoltaïque installé sur les toits de la SAPRIM. La maîtrise de la consommation en électricité sera réalisée par

- La mise en place systématique de chauffe-eau solaires évitant la consommation énergétique due à un chauffe eau électrique, soit un potentiel de 10 MW de puissance économisée.

- L’installation de Lampe Basse Consommation (LBC) qui économisera 3 MW de puissance.
Cela n’est pas rien. A ces 30 MW de puissance installée et à ces 13 MW de puissance évitée s’ajoute la mise en place de 10.000 chasses d’eau WC à double commande et qui, en couvrant l’ensemble des habitations de la ville, permettront l’économie d’environ 240.000 m3 d’eau potable par an.
Nous étions quelques-uns hier soir autour de la table du Conseil Municipal du Port à ne pas cacher que nous espérons la réussite de ce « projet » qui, pour être « stratégique et global », pourra demain servir de référence à l’ensemble des autres communes du département et, pourquoi pas dans un tout premier temps, à celles de la communauté d’agglomération des villes de l’Ouest, le T.C.O.
Nous fûmes hier soir tout un Conseil municipal, mais aussi l’ensemble des cadres techniques et administratifs de la ville présents, mais encore plusieurs dizaines de citoyens venus assister à cette séance historique, à avoir voté par acclamation cette initiative. Sûr que l’opposition, si elle avait été présente, aurait elle aussi applaudi...
Ainsi, petit à petit, mais sans plus tarder, notre île de soleil pourra sortir du carcan d’une énergie fossile dont les réserves mondiales s’épuisent comme fond neige au soleil ! En attendant que l’éolienne, la houle et notre volcan prennent toute leur place dans le paysage énergétique de notre petite terre insulaire, jusqu’à inspirer les pays frères de la région, eux aussi pays de soleil et d’alizés baignés d’océans généreux. De sources et de ressources inépuisables donc, qui ne demandent qu’à être durablement maîtrisées.

Raymond Lauret