Libres propos

« Le roc de notre patrimoine... »

Témoignages.re / 2 février 2008

Nous sommes sans doute nombreux à avoir lu avec une émotion retenue l’édito de Lucien Biedinger paru dans le numéro de ce jeudi 31 janvier de notre Journal. Cet édito de Lucien, c’est un cri de douleur intérieure en même temps qu’un appel à une mobilisation de tous nos amis et camarades pour que « l’idéal communiste » à La Réunion résiste plus que jamais aux sirènes pernicieuses des petites ambitions personnelles et porte toujours notre regard et nos engagements vers les horizons de l’avenir.

« L’idéal Communiste » !!! Il a été bien malmené dans bien des coins de la planète, sapé tout autant par une bureaucratie rétrograde que par la prétention des hommes, leur faiblesse et souvent leur médiocrité. Le besoin de paraître et l’appât du gain ont été, plus que de raison, les motivations réelles de nombreux dirigeants qui n’ont pas su comprendre que sans valeurs, sans certaines vertus, sans humanisme, sans un minimum d’humilité, on tombe bien vite dans les travers les plus méprisables. Que de retard a ainsi pris la nécessaire révolution des mentalités pour que, partout dans le monde, triomphe la justice !

A La Réunion, nous avons eu le privilège de voir apparaître, à la tête des luttes les plus justes, des hommes de haute qualité. Ils ont créé notre Parti.

L’un de ces hommes nous a dit un jour, sans doute pour que nous nous le rappelions toujours, que « le roc de notre patrimoine est taillé dans cette multitude de vertus obscures qui n’ont pas besoin pour s’épanouir de l’appât de récompenses » et qui, ajoutait-il, « constituent le plus solide garant de notre redressement ».

C’est toute une ligne de conduite que le docteur Vergès nous invitait alors à adopter si, comme le dit Lulu, nous ne voulons pas « faire du PCR un parti aussi médiocre que d’autres »... L’adopter et aussi, sans jamais la dénaturer, l’adapter aux conditions d’un monde qui change.

J’ai un ami, important dirigeant de l’UMP locale. Nous discutions, il y a quelques jours, du régime indemnitaire que la République française consent à ses élus. Il me disait son total accord avec notre point de vue présenté ces jours-ci à l’opinion publique. « Il importe, me disait-il, qu’on trouve ensemble une solution pour moraliser cette situation. Comme c’est le cas maintenant, c’est inacceptable. C’est la démocratie qui est en cause. On est entrain de pourrir cette noble activité qu’est l’engagement politique... ».

Dans ces commentaires de mon ami, je vois la confirmation que l’idéal d’ouverture et de rassemblement est le grand pari qu’il nous faut continuer à lancer. Mais en direction et avec des hommes et des femmes motivés pour le bien public. Avec des hommes et des femmes qui, s’adaptant aux contraintes de notre époque, ne renieraient cependant pas ce qui demeure l’essentiel : le sens du désintéressement... parce que et pour que le roc de notre patrimoine soit toujours et plus que jamais taillé dans une multitude de vertus obscures...

Raymond Lauret