À Mayotte : Sébastien Lecornu face à un mouvement social
26 août, par« On ne mange plus à notre faim, on ne peut plus continuer à vivre comme ça »
14 avril 2005

(page 2)
Nous sommes nombreux au P.C.R. à avoir, depuis des années et des années, fait le choix de considérer que nous n’avons pas à retirer d’avantages particuliers de notre mandat d’élus. Etre élu est une tâche militante et c’est un privilège que d’être choisi par ses camarades pour être candidat à telle ou telle élection et pouvoir travailler pour la collectivité. Dans un monde où l’on court volontiers derrière le fric, cette attitude surprend certains et agace même. On s’en fout et nous reversons à notre organisation l’essentiel de ce que la loi nous octroie. Comme nous ne roulons pas, pour la plupart d’entre nous, sur l’or, nous avons fait le choix de demander aux services comptables de notre Mairie, de notre communauté d’agglomération ou de notre collectivité territoriale (et même du C.C.E.E., par exemple à l’époque où j’y étais !) de verser directement à l’organisation financière de notre mouvement, histoire pour nous de ne pas être tenté de toucher à cet argent. Pour nous, le docteur Raymond Vergès, homme de principe, était dans le vrai quand il disait que "le roc de notre patrimoine est taillé dans cette multitude de vertus obscures qui n’ont pas besoin pour s’épanouir de l’appât de récompenses et constituent le plus solide garant de notre redressement...". Et ce principe, croyez-moi, beaucoup d’élus l’ont appliqué. Beaucoup l’appliquent. Beaucoup d’entre nous ne sont pas riches. Beaucoup sont de simples travailleurs. Et, je me dois de le dire et de le préciser, beaucoup ne sont pas membres de notre parti. Qu’ils soient ici salués...
Bien entendu, il est arrivé, bien des fois, qu’il fallait aider financièrement un camarade. Cela s’est fait, toujours dans la discrétion, la solidarité. J’ai été pendant longtemps trésorier du parti. J’en sais forcément des choses là-dessus, de ces actes de fraternité qui se décidaient entre nous, avec Paul, avec Élie, souvent sur simple proposition... Ils font partie, ces actes de fraternité, de la richesse et du roc de notre patrimoine.
L’Administration vient de nous faire savoir qu’il n’est désormais plus possible de procéder comme cela a toujours été.
Alors que, jusqu’à présent, des percepteurs avaient accepté le versement direct, considérant que l’autorisation à lui remise par les intéressés était un engagement fort et tout à leur honneur, depuis peu on nous objecte “le décret n°62-1587 du 29 décembre 1962”, “l’article 1690 et suivants du code civil” en nous invitant à considérer que, je cite : "la cession pour être opposable aux tiers, doit être signifiée au débiteur cédé ou acceptée par lui dans un acte authentique, par voie d’huissier." Autrement dit, si je veux verser à mon parti ou à un autre un argent qui m’appartient, je dois passer par un huissier !
Et puis, "la cession ne peut être effectuée que dans la limite de la quotité saisissable, prévue à l’article L.1621-1 du CGCT"... Autrement dit, il me faut être saisissable d’une quotité qui, pour moi, s’apparente à un jargon d’initiés vu que personne ne parle de me saisir, que j’adhère librement à un parti et que j’ai tout simplement fait le choix de contribuer à ses combats politiques en lui versant ce que je considère comme un privilège de la République que je perçois.
Il me faut l’admettre : les escrocs de tous bords et notamment ceux que l’ont dit “en col blanc” ont tellement sévi et retourné à leurs avantages les textes, que notre administration fiscale a été obligée de tout verrouiller. Les simples citoyens, ceux qui ont des principes honorables, s’en trouvent contraints. C’est le sort des gens de peu. C’est la Loi.
Résultat : nous allons donc devoir aller dans une banque, y ouvrir un compte spécialement affecté à la fonction de récepteur de nos indemnités à partir duquel ces dernières pourront être virées sur celui de l’Association de Financement de notre parti. Cela fera du papier, encore du papier et des bouts de forêt ici et là bousillés. Cela fera aussi, en passant, une petite commission que la banque prélève (oh ! c’est pas grand chose : seulement 2 euros par opération de versement !).
On s’y plie. Mais avouez que devoir faire si compliqué alors que, de tout temps, on a fait simple ! Me vient à l’esprit ce mot déjà cité ici : "Administrer, ce n’est pas tout empêcher au nom du règlement, mais tout faciliter au nom du bon sens..." Talleyrand, réveille-les...
R. Lauret
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