Libres propos

Les enjeux d’une filière ...

Témoignages.re / 17 octobre 2007

A la CCIR, les journées se suivent et, dans leurs évidentes différences, se ressemblent sur l’essentiel.
Lundi, dans une petite salle de commission, une trentaine de personnes portaient sur les fonds baptismaux ce qui peut être considéré comme une belle première à La Réunion : le parrainage par des ressortissants de la Chambre consulaire de jeunes en quête de tout ce qui leur permettra de maîtriser le souci d’une vie : ces mille et une petites et grandes choses qui facilitent dans un monde de fort chômage le mariage de l’emploi ou de l’activité et, ainsi, les aident à forcer le destin.

Hier, mardi, devant une assemblée de plus de 150 personnes, on passait en revue tous les enjeux que comptabilise la filière canne - sucre de notre île.

Derrière les enjeux fonciers et de l’aménagement du territoire, derrière également le pari d’une agriculture durable, derrière aussi le souci partagé d’aller vers l’excellence dans ce qu’il convient de regrouper sous les mots de “Recherche et Développement”, derrière encore et enfin l’ambition d’aboutir à la perspective d’une belle autonomie énergétique en optimisant les possibilités de la filière, derrière toutes ces exigences qui peuvent mener La Réunion vers davantage de maîtrise de son avenir, il y a la volonté de renforcer l’activité pour maintenir l’emploi.

J’ai eu à le dire : la Région veille à ce que le rééquilibrage entre les micro-régions, la diversification de l’habitat, la protection des terres agricoles et la préservation de l’environnement demeurent les impératifs du Schéma d’Aménagement Régional actuellement en révision. Quelles que soient les interrogations légitimes sur l’avenir à long terme de la filière canne, la protection de 50.000 hectares de terres agricoles dont 27 à 30.000 pour la sole cannière est un objectif prioritaire pour maintenir les équilibres économiques et environnementaux de La Réunion, notamment à partir de sa multi-fonctionnalité, dans le cadre du développement durable de notre île.
Bien sûr, il importe de poursuivre l’accompagnement des efforts engagés pour améliorer la productivité et ouvrir de nouveaux champs de valorisation de la filière dans le cadre d’une garantie de la rentabilité économique et financière. Bien sûr, il importe de travailler au co-développement avec nos voisins et la prise en compte des intérêts des planteurs.

Avec les Accords de Partenariat Economique, nous aurons à veiller à ce que les intérêts vitaux des pays ACP et des PMA qui nous entourent se conjuguent avec notre souci de tirer vers le haut les peuples de l’Océan Indien dont la population réunionnaise est également issue. Comment, selon l’adage, « être raisonnablement lucides dans la réflexion et résolument optimistes dans l’action » ? Comment, en un mot, garder le niveau auquel le génie d’un Emile Hugo a hissé notre île et en faire profiter La Réunion et les pays qui nous entourent ?
L’initiative de la CCIR a permis à Jean-Yves Minatchy, Xavier Thiéblin, Xavier Lencou-Barême, Jean-Charles Ardin, Christophe Poser, Danièle Lenormand, Bernard Siegmund et Françoise Delabaere de montrer les mille enjeux d’une filière fondamentale et structurante.

Et ce ne sont pas les quelque 20 étudiants de l’“Ecole de Gestion et de Commerces” et de l’“Ecole de Commerce et de Distribution” qui n’ont rien manqué des interventions qui diront le contraire... Les interventions de deux d’entre eux méritaient bien les applaudissements de la salle...

Raymond Lauret