Jeunesse dans le monde : le chômage progresse, l’emploi décent recule
13 août, parUne bombe à retardement qui explosera si rien ne change
5 mai 2008

C’était le vendredi 11 avril sur les antennes de RFO, après qu’il l’eut déjà fait lors du colloque que le C.R.E.S. tenait à l’Université de Saint-Denis le mardi 8 précédent sur l’économie sociale.
Ces jours-là, à deux reprises donc, Eric Magamootoo, Président de la CCIR, avait évoqué « ce cas » qui nous fait mal à tous. Les époux Chamand, de la Rivière Saint-Louis, risquent de se voir saisis de leur logement (un logement social) parce qu’ils ont 20.000 euros de dettes sociales. Le petit “camion bar” qu’ils ont monté avec le concours du crédit social ne rapporte pas bien vite autant qu’il faudrait... peut-être même qu’ils ont commis quelques imprudences de gestion.
Et en toute légalité, le droit les condamne. La réglementation ne peut rien pour eux. Reste et ne resterait que la solidarité... la solidarité agissante.
J’ai alors suggéré à Eric qu’en sa qualité de Président de la CCIR, il prenne la tête d’une démarche qui viserait à créer un Fonds réunionnais de solidarité dont l’objet serait de prêter à ceux qui, comme les époux Chamand, ont besoin d’un peu plus de temps et de souplesse que ne proposent notre droit et ses réglementations ainsi que le tissu bancaire classique...
Je soufflais à Eric qu’au premier rang de ceux qui seraient sollicités, je voyais nos élus, ceux d’entre nous, qui sont indemnisés. Et de préciser, simple exemple, « qu’un Maire et Conseiller Général d’une commune de population comprise entre 20.000 et 49.999 habitants perçoit 3.350,38 euros bruts (pour la fonction de Maire) et 2.233,58 euros bruts (pour celle de Conseiller), soit 5.583,96 euros bruts auxquels il faut rajouter 5.397,83 euros bruts s’il est Président ou 2.456,94 euros bruts s’il n’est que Vice-président de l’E.P.C.I. de sa zone, soit 10.800 ou 8.000 euros qui vont, la plupart du temps, s’ajouter à ses revenus professionnels ou de retraité... ».
Et j’avais joint à ma lettre le chèque de 500 euros qu’un élu - qui tient à rester anonyme - m’avait chargé de remettre dans cette intention au Président de la CCIR. « Ces 500 euros, m’avait précisé cet élu, représentent 35% de mes indemnités mensuelles. Et j’entends aller dans le sens que tu suggères à Monsieur le Président de la Chambre d’Industrie et de Commerce... ».
Au moment où, après le cas des époux Chamand, Marie-Hélène Berne et Joachine Dhaussy nous interpellent à travers l’histoire vraie d’une mémé de 87 ans du Tampon abandonnée à sa solitude et à sa misère, au moment où plusieurs associations qui militent dans le domaine de l’économie sociale sont amenées à envisager de fermer leurs portes, il me semble urgent d’aider ceux d’entre nous - parmi les élus - qui refusent d’être assimilés à de vulgaires accumulateurs d’indemnités pour charges électives et qui veulent être les initiateurs d’une solidarité participative réelle...
Ainsi - et seulement ainsi - ces élus disposeront de la force morale pour exiger du gouvernement de la République que cessent les honteuses dérives, de toutes sortes, dérives dont certains, en toute légalité, profitent...
Raymond Lauret
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