’Moi j’y tiens, comme on tient à ce dont on est fier’...

9 décembre 2005

Je vous adresse M. le rédacteur en chef du “Quotidien”, cette lettre après que votre journal a eu le mérite, avec votre dossier-enquête sur "nos élus, leur travail, leur argent", de s’attaquer à un problème fort délicat. Prenons l’exemple des mandats électifs dont vous parlez de la tendance de certains élus à en cumuler. Est-on bien sûr que ce sont ceux obligatoirement qui en exercent plusieurs qui, "en commission permanente, découvrent les dossiers alors qu’ils les ont reçus à leur domicile cinq jours avant, voire même qui arrivent avec l’enveloppe encore cachetée" ? Est-on bien sûr que "le mandat unique renforcerait la démocratie" quand on constate les noms de celles et de ceux qui seraient, selon votre classement, les champions de la non-assiduité ? Enfin, comment juger le “travail”, par exemple, d’un Roland Hoarau que vous classez à une peu glorieuse 41ème place (sur 44) alors que nous sommes nombreux à apprécier les contributions constructives de notre collègue qui appartient l’opposition ?
Je “pardonne” donc bien volontiers les inévitables “points contestables” de votre enquête qui, je le répète, a le mérite, incontestable lui, de lever le voile sur ce que touchent les élus pour le travail qu’ils ont à faire. Car il est vrai que l’on ne peut pas rester indifférent quand on sait que la démocratie électorale qui est la référence de notre République, permet à un élu, le plus légalement qui soit, de percevoir - je prends ici vos chiffres - 19.800 euros en échange d’une seule réunion (de travail, il faut bien préciser !) dans l’année. Mais j’insiste lourdement : cela est par-fai-te-ment légal ! La Républiqueen a légiféré et je ne doute pas qu’en avançant dans votre dossier-enquête, le lecteur en aura pour son argent.
Par contre, quand vous citez ma modeste personne dans votre rubrique "En bref", vous m’amenez à vous dire d’une manière qui ne souffre d’aucun détour que, pour ce qui est des jetons de présences en Conseil d’Administration de SEM (ou autres), je ne peux accepter vos insinuations.
Car sur ce point, ma position a été clairement exprimée il y a belle lurette, dans les colonnes du “Quotidien” et dans celles d’autres organes de presse : je suis de ceux - rares peut-être, mais nous existons - qui considèrent qu’un homme ou une femme peuvent parfaitement exercer plusieurs mandats électifs mais que la morale la plus élémentaire finira par imposer à la loi française que ces élus ne soient rémunérés (et correctement) que pour un seul de leurs mandats.
Concernant les jetons de présence, j’en ai perçus deux fois dans ma vie d’élu. En 2001, alors que j’étais vice-président de la SEMADER (directeur Fred K’Bidy, président Islin Taïde), les quelque 6.000 francs que j’avais reçus pour 2 ou 3 réunions, je les ai reversés intégralement à l’Association A.C. que préside Jean-Pierre Técher.
Et puis, dans les années 1992-96 lorsque j’étais vice-président du C.C.E.E.. Mes indemnités de présence étaient virées automatiquement par le Payeur régional sur le compte du C.R.O.M.S. dont j’étais le représentant au C.C.E.E..
Aujourd’hui, mes indemnités d’élu du TCO et de la commune du Port sont intégralement et directement versées à mon parti ainsi que ce qui reste de celles que je perçois de la Région - écrémages de Paul Vergès compris - une fois que j’ai retenu ce qui figure dans les règles de mon Parti politique.
De ce reversement au P.C.R., vous semblez vous en gausser. Moi j’y tiens, tout simplement, comme on tient à ce dont on est fier...

R. Lauret


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Témoignages - 82e année


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