Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
24 mars 2006

Dimanche, lorsque j’irai saluer toutes celles à qui le Comité régional olympique et sportif de La Réunion a donné rendez-vous à “Lambrakis”, au Port, me reviendront sûrement et fortement à l’esprit certaines images de mes jeunes années. Elles s’appelaient Isnelle Amelin, Clélie Gamaleya, Nelly Barret, Cécile Ponama, Sylvia Laugier, Bernadette Léger, Laurence Vergès, Odette Mofy, Alice Pévérelly, Iris Lallemand et cent autres encore, aux noms et aux visages oubliés mais à l’allure toujours bien vivante dans la reconnaissance que j’éprouve pour celles et ceux qui nous ont précédés. Elles portaient la robe longue et la capeline large, livrées à la brise des premiers pas que notre humanité réunionnaise apporta à la longue marche des luttes à mener aux féminins du monde entier. Elles avaient choisi de se sortir de leurs cuisines et de leurs ménages pour clamer que la Femme a aussi des droits, en plus des devoirs qui lui incombent.
Me reviendra alors forcément la gracieuse silhouette d’Aliette, encore Hoarau à l’époque, que ceux de mon âge découvraient, au milieu de ses camarades, pour mieux comprendre que notre passion du sport se conjuguait déjà, se conjuguait aussi à l’autre genre et qu’elle était entrain d’être partagée avec le même intérêt par celles qui, dans nos esprits nullement préparés, appartenaient (toujours) au “sexe faible”. C’étaient ces parties de basket et de volley, sur le terrain de l’ASPTT rue Maréchal Leclerc à Saint-Denis, là où l’immeuble de la Poste d’aujourd’hui ne s’élevait pas encore. Leurs visages coulaient de sueur, leurs muscles bondissaient dans l’effort appliqué, leur bonheur jaillissait après le panier ou le smash réussis...
Et puis, bien sûr, je reverrai 1964, Anne Marie Le Toullec et la sélection féminine de La Réunion qui prirent avec nous le bateau pour retrouver à Tamatave Arlette Law Kane et ses coéquipières malgaches pour ce qui fut sans doute, adossée à l’athlétisme, le volley et le basket, la toute première sortie des sportives de notre île.
Et puis, cela va de soi, j’aurai un sourire en direction de toutes celles, connues ou pas, qui hier et aujourd’hui, ont été et sont maire et élues municipales, conseillères générales et régionales, députées, sénatrices. En direction aussi de celles qui animent avec un égal mérite notre monde social, associatif, syndical ou économique, qu’elles se prénomment Yolande et Marie-Thérèse, Yolaine et Françoise, Michèle, Catherine ou Maryse, Marlène et Marie-Hélène, Patricia, Sabine ou Mémouna...
Alors, bien chère Jessy, je viendrai t’embrasser, toi que tes paires ont désignée pour être la marraine de cette journée “Femmes et sports” qui va clamer dans toutes les familles que "maman fait aussi du sport", une façon comme une autre de proclamer que, "Oh si...! Maman aussi fait du sport" !...
R. Lauret
Le monde a changé
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