Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
13 décembre 2006

Gélita, notre camarade sénatrice, a bien raison quand, dans une lettre adressée au Président de la Commission des Finances du Sénat Jean Arthuis, elle fait claquer à pas moins de quatre reprises le mot « inacceptable » pour qualifier l’amendement qu’un de ses collègues réunionnais, M. Jean-Paul Virapoullé, vient de co-signer avec ses pairs des Antilles et de la Guyane. Cet amendement, rappelons-le, vise à rendre possible une taxe additionnelle à l’Octroi de mer au profit des chefs lieux des quatre DOM. Et Yves Montrouge n’a aucune peine (j’allais dire aucun mérite...) à se moquer du sénateur-maire de Saint-André qu’il soupçonne d’avoir accepté d’y opposer sa signature « pour services rendus sans doute ! ». Le point d’exclamation, qui est du journaliste du “JIR”, en dit long sur l’opinion de ce dernier quant à l’explication de J.P. Virapoullé qu’il s’en presse, non sans malice, de rapporter : « Le gouvernement travaille avec nous, on ne peut pas lui dire non... ». Ben voyons !
Car en plus des quatre raisons inacceptables soulevées par Gélita (décision prise en catimini ; décision prise par le Sénat d’augmenter la fiscalité à l’encontre des populations de quatre régions ; décision qui verrait le Sénat décider de l’affectation d’une recette prise localement ; décision d’augmenter une taxe de plus au moment où est posée la question de la formation des prix et des revenus), il en est une cinquième qui ne redore pas , mais alors pas du tout, le blason de l’élu de l’Est.
Que René Paul Victoria et les élus de St Denis voient une sacrée aubaine dans un tel amendement qui rapporterait à leur budget une recette supplémentaire estimée à une vingtaine de millions d’euros (c’est à dire 130 millions de francs !), cela se comprend. Mais est-ce juste pour autant ? Est-ce là ce qu’il faudrait faire si on veut rééquilibrer le développement de notre île ? Comment peut-on suivre un gouvernement, fut-il dirigé par ses propres amis, quand ce dernier entend creuser le fossé qu’il y a entre une mini-région (St Denis en l’occurrence) et le reste de l’île ?
Déjà, il y a eu le FRDE dont la répartition au prorata des populations des 24 communes a été le leurre utilisé pour mieux faire avaler le gros de la manœuvre : une prime “additionnée” au bénéfice des quatre chefs lieux d’arrondissements (St Denis, St Pierre, St Paul, St Benoît). Là, c’est bien plus grave. C’est un pas de plus dans une escalade de mauvais goût : on va donner en exclusivité au chef-lieu du département des moyens de se développer. Et les autres villes ? Sont-elles dans l’opulence ?
Que M. Virapoullé ait accepté de co-signer un tel amendement montre, s’il en était besoin, que certains sont prêts à toute “aplaventrerie” et que l’intérêt général et le long terme ne leur importent peu. Parce qu’il y a les fameux « services rendus » sans doute ?
Raymond Lauret
Le monde a changé
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