Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
12 décembre 2006

J’en discutais hier matin au téléphone avec mon copain de toujours, Mickaël Rosalie. La veille, c’est-à-dire dimanche, l’oncle et la tante de son épouse étaient découverts gisant dans une mare de sang, assassinés à coups de couteau dans la chambre à coucher de leur maison à Bois de Nèfles Saint-Paul.
Pourquoi de tels actes ? Sur quels motifs reposent-ils ? Comment peut-on être capable de tuer avec autant de sauvagerie ? Comment, alors que ceux qu’on attaque sont de paisibles vieillards de 73 et 68 ans, expliquer autant de violence aveugle, gratuite et lâche ?
Avec Mickaël, nous sommes un groupe de militants à avoir, il y a 35 ans de cela, bâti l’OMS du Port et fait du slogan « ... le sport pour tous et toutes, et le plus haut niveau possible pour chacun... » une réalité éducative et le vecteur pour des prises de responsabilités. Comment se fait-il que ce type de grands chantiers n’arrive pas à imposer à notre société le triomphe de la tolérance et du respect des autres ? Pourquoi tous les efforts des éducateurs de profession ou seulement bénévoles sont-ils à ce point réduits à zéro ?
Car, Mickaël me le rappelait hier, il est un fait que lorsqu’un tel drame vous touche directement, les interrogations de désespoir se bousculent dans votre tête.
Notre société est pleinement livrée à l’incitation. Aux incitations de toutes sortes. Au risque de paraître vieux jeu, je ne crains pas par exemple de dire que cette publicité qui vient d’envahir nos espaces et où une jeune demoiselle exhibe des formes que cachent bien mal des sous-vêtements particulièrement polissons, est choquante à plus d’un titre. En premier lieu parce qu’elle tend à réduire la beauté de la femme à des rondeurs provocantes. En second lieu parce que la science de la vente s’apparente vraiment, et avec succès semble-t-il, à du n’importe quoi.
Je ne crains également pas de dire que les écrans - petits et grands - banalisent la violence et le crime. Certes, me dira-t-on, la violence et le crime ont toujours existé. Exact. Faut-il pour autant en faire des produits d’accompagnement courant dans notre vie de chaque jour, sachant que la portée des moyens de communication est aujourd’hui bien plus grande et bien plus diversifiée qu’il y a 50 ans ?
Quelle est la part dans tous ces actes de barbarie qui, est-il besoin de la préciser, gagnent toute la planète, des images qui se diffusent sans retenue en même temps que notre système éducatif ne dispose pas des moyens dont il aurait besoin ?
Le problème n’est pas simple. Ne pas le poser, c’est se résigner à le voir s’amplifier...
Raymond Lauret
Le monde a changé
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