Quand arrive l’échéance...

26 novembre 2004

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Cela n’est pas nouveau. Mais il faut encore le dire : il faut que cesse cette politique qui consiste à faire passer sa passion avant la raison.
Je veux ici parler - mais vous l’avez sans doute déjà deviné - de ce qui est révélé à travers les interrogations que suscite la gestion d’un club de football et, pour ma pomme, pas de n’importe quel club : j’ai été, dans ma jeunesse, gardien de but des “Mauves” de la Jeanne d’Arc.
Résumons.
On fait un budget sur la base essentielle d’une subvention publique. Il est dans l’air du temps que cette subvention soit jugée comme étant insuffisante. Soit et passons... Mais on accepte. Ce qui implique que l’on amène ses dépenses à la hauteur de ses recettes. Et c’est sur la réalité d’un budget qui s’équilibrerait en recettes et en dépenses que l’on organise la gestion du club.
Gérer, c’est faire ce qu’on a prévu de faire avec ce que l’on est sûr d’avoir.
Gérer, c’est rester légèrement en dessous de ce que l’on a de manière à pouvoir faire face à tout ce qui n’aurait pas été prévu et qu’il faut néanmoins régler.
Gérer, c’est savoir dire non, avec toute la pédagogie nécessaire, c’est dire non avec fermeté à toute demande qui sort du prévisionnel arrêté et qui sort du possible, même si ladite demande peut paraître émouvante voire justifiée.
Gérer, en un mot, c’est prendre le risque d’être impopulaire. Mais c’est aussi se garantir contre toute forme de dérive.
À la Jeanne d’Arc, on n’a pas su dire non, on n’a pas su expliquer que certaines demandes n’étaient pas réalistes ni réalisables et ne seraient donc pas réalisées. On a cédé à la pression, ne voyant pas qu’en cédant, on se livrait, lesté du poids d’une évidente faiblesse, à ceux qui savent en profiter.
On n’a pas vu qu’il y a toujours une date-vérité qui arrive obligatoirement et qui s’appelle “l’échéance”.
Et quand on est un honnête homme comme l’est M. Soundrom Jaganardin, à la date de l’échéance, on dépose son jeu sur la table, affolé, défait, acculé, perdu...
Hier soir, devant les membres de la C.D.C.G. (commission départementale de contrôle et de gestion) de la Ligue réunionnaise du football, il s’agissait de dire que les secrets de polichinelle de notre sport numéro un ont besoin d’être sortis de l’ombre où ils se camouflent pour gangrener la vie.
Le football réunionnais a tout à gagner dans une mise à plat de ces pratiques qui ne mènent nulle part, et qui ne garantissent surtout pas un avenir social à ceux que l’on pousse dans un monde d’illusions dont ils se réveilleront très vite avec le risque très fort d’être déstabilisés. Sans cela, le sport et le football n’auraient pas alors joué leur rôle.
Et cela serait bien dommage.

Raymond Lauret


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