Libres propos

Quand l’évidence est là...

Témoignages.re / 4 mars 2008

Pascal Duret et Olivier Naria, deux universitaires que l’attachement au sport et à son intérêt pour nos populations rapprochent, se sont livrés à une enquête sur les pratiques sportives des réunionnais.
Cette étude devra bien entendu être décortiquée et analysée par tous ceux qui sont préoccupés par la place que l’activité sportive devrait et pourrait davantage encore prendre dans le quotidien des habitants de notre île.
Vous l’avez compris : il s’agit de dépasser la seule pratique compétitive, celle qui alimente l’ensemble des championnats de toutes nos disciplines dans chacune des catégories d’âges, tant au féminin qu’au masculin.
Des premières conclusions remarquables auxquelles nous pensons après une lecture de l’étude de Pascal Duret et d’Olivier Naria, nous voulons aujourd’hui mettre l’accent sur la pratique du vélo que Jean Marc Goglione, dans le Quotidien de mercredi, qualifiait avec bon sens de « sport d’une vie ».
Certes, et l’étude le montre, chez les 12-20 ans, c’est « le Foot » qui l’emporte avec 39% de pratiquants, « la Marche » étant classée en premier chez les 31-40 ans et chez les 51-60 ans (45%). Mais la « pratique du vélo » n’est pas loin avec respectivement 29, 16 et 19%, dans un non surprenant positionnement constant en haut d’un tableau qui concerne 10 activités sportives. Ce qui, pour les sports pratiqués le plus longtemps dans une vie, donne, à la première place, le Vélo, suivi de la Natation, de la Rando-Marche, de la Pétanque, du Tennis, du Tennis de table, du Foot etc...
Je ne peux m’empêcher de rapprocher, d’une part ce constat obtenu par nos deux universitaires avec leur enquête réalisée sur un échantillon de plus de 1.000 pratique cycliste et, d’autre part, cette volonté bien des fois aujourd’hui exprimée de faire de « La Réunion une île cyclable ».
Les images d’encombrement que nos routes nous donnent à quasiment toutes les heures de la journée en des coins qui étaient « tranquilles » il n’y a pas si longtemps encore, le syndrome du « coma circulatoire » qui nous vient alors immanquablement à l’esprit, la fuite droit dans le mur avec le constant envahissement des zones de déchargement du port de la Pointe des Galets par des milliers de voitures neuves qui nous arrivent de navires géants, tout cela a poussé depuis quelques temps Philippe Decotte, Lucien Biedinger, Yvon Lucas, Daniel Omer Hoarau, Françoise Huot Jeanmaire, Sylvestre, Pascal Montusclat et plusieurs autres encore à tirer la sonnette d’alarme.
Aujourd’hui, l’évidence est là : il faut faire quelque chose. Et l’arrivée imminente désormais, sur le marché du V.A.E, le Vélo à Assistance Electrique, confortée par ce que confirme l’étude de Duret et de Naria, nous emmène à souligner que, sitôt finies les prochaines élections municipales et cantonales, il va s’agir pour ceux qui ont eu raison d’y penser et d’y croire avant les autres, d’arracher la mobilisation de tous nos élus municipaux, cantonaux, régionaux et inter communaux, pour que nos voiries soient capables d’accueillir les cyclistes par dizaines de milliers. Il va également s’agir d’obtenir de nos établissements bancaires qu’ils proposent l’accès au crédit à tous ceux et celles qui voudront s’acheter un (bon) vélo et leur permettre ainsi de bonnes économies sur leurs dépenses classiques.
Et puis, peut-être, s’agira-t-il pour nos décideurs de se demander si une industrie de montage de vélos dans notre zone de l’Océan Indien ne s’impose pas, là où nous ne sommes pas l’unique pays à avoir besoin de ne plus dépendre demain de la seule voiture pour se déplacer.

Raymond Lauret