Libres propos

Quand le métier s’adosse à l’enthousiasme

Témoignages.re / 29 novembre 2007

S’il vous arrive un de ces quatre d’avoir le moral en berne parce vous sentez que le décalage entre les consignes données par tel ou tel directeur sont en train de s’éloigner sensiblement de votre sensibilité d’élu de base, avant que vous ne mettiez votre douloureux constat sur le compte de votre âge, si un matin donc ça ne va pas, alors n’hésitez pas : quittez la “ville grande” et ses bureaux pour “grandes” gens, prenez la direction de l’Est, là où, dit-on, il pleut assez souvent. Pour un gars de l’Ouest, le changement est énorme, il n’a pas de prix.
Hier mercredi, justement, la Plaine des Palmistes avait convoqué brouillard et fines gouttelettes pour donner aux quelque 974 collégiens venus de toute l’île, le cadre idéal pour s’élancer joyeusement à la poursuite des sept manches du “cross académique de l’U.N.S.S.”.
C’était pour le militant sportif que je suis encore et que je pourrais rester toujours l’occasion d’aller saluer nos profs d’E.P.S. en plein travail et dont on sait qu’ils connaissent actuellement quelques problèmes. En effet, dans certains secteurs de l’île, les uns renvoient la responsabilité sur les autres dès qu’il s’agit d’assurer les déplacements des collégiens concernés par les activités de l’Union Nationale du Sport Scolaire. Et ça fout la pagaille !
Ce “Cross académique”, c’était donc 974 collégiens inscrits en 7 courses. Une énorme organisation qui voit les épreuves s’enchaîner les unes après les autres, sur des distances qui vont de 1750 à 4850 mètres, avec des filles et des garçons répartis en 5 catégories d’âge et venus de pratiquement toutes les communes de l’île.
Malgré le crachin mêlé au brouillard, malgré la boue sous laquelle on pouvait deviner la cendrée du stade de la Commune de la Plaine des Palmistes, malgré aussi des jeunes qui accompagneraient leurs camarades inscrits pour la course et donc “dossardés”, ce ne fut nullement la pagaille.
Tout était pensé pour que ça se passe comme prévu, dès 11 heures jusqu’à 12h30 et, après la pause repas, de 14h15 à 15h30. L’organisation mise en place par le maître des lieux, le directeur régional de l’UNSS Daniel Fraysse, ne souffrit d’aucune faille. Et quand le métier s’adosse à l’enthousiasme, cela donne quelque chose de fort sympathique que l’on n’a pas envie de voir prendre du plomb dans l’aile.

Raymond Lauret