Je voudrais consacrer mes lignes d’aujourd’hui à Michel Serrault. Que les (grands) Maîtres du 7ème Art me pardonnent cette intrusion dans un domaine que je suis bien loin de connaître. En réalité, je connais peu et même mal le cinéma. Il y a trop de films qui sortent et mon temps disponible est bien peu suffisant pour que je puisse y faire un bout de mon chemin.
Mais Michel Serrault, comme Yves Montand, Simone Signoret, Michèle Morgan et quelques autres encore, appartient à ce monde de géants qui n’ont pas besoin d’être hauts de taille pour être grands dans nos vies.
Pour commencer, il n’était pas beau gosse, avec son nez pincé sous des yeux quelconques, sa bouche qui souffrait la tristesse du monde et sa voix lugubre à faire peur aux fantômes. Question chevelure, ça n’était pas exceptionnel. Quant à la barbe et la moustache qui allaient avec, bon..., mieux vaut ne pas insister : c’est pas avec un tel attirail qu’il aurait “tombé” les filles ! Et puis, ces derniers temps, c’est-à-dire sur ses vieux jours, il nous traînait une de ces carcasses, celle du monsieur fatigué, cassé, s’efforçant de survivre... En un mot, triste à donner la pitié en pitance.
C’est l’image, ce sont les images que je garde de lui après que je fus sorti de la salle de cinoche, c’était il y a quatre ou cinq ans. J’étais allé voir Mathilde Seignier - j’orthographie de mémoire - qui nous invitait à venir voir “Une hirondelle (qui) a fait le printemps”.
Et en effet, il y eut, en entrée de film, la belle demoiselle, toute jeune, toute jolie, bien naïve à croquer et qui nous promettait, avec ses airs d’insouciante nana qui veut mettre la réalité de sa vie en adéquation avec ce que le lycée agricole lui avait enseigné, un film tout en élans, tout en amours profonds, tout dans une héroïne sympa. Un chouette film quoi, avec une jeune et fraîche star à l’avenir prometteur.
Il y eut donc Mathilde, et puis Mathilde, et puis encore Mathilde. Jusqu’à ce que, juste après qu’elle eut ainsi pleinement existé, Michel Serrault jaillisse, Michel Serrault le campagnard, le rural, l’homme du terroir. Alors, nous remplit l’écran du poids et de la taille de ses ans, faits de pédagogiques malices et de tendresse finement distillée comme pour nous rappeler qu’il y a bel et bien un art d’être grand-père.
Sa filmographie comme ils disent chez les grands maîtres de la pellicule, c’est 135 longs-métrages. Pauvre de moi qui me sent tellement riche de Michel Serrault alors que je ne suis capable de ne vous en parler que d’un !
Je le sais, on viendra me dire que j’y n’y connais rien, qu’il a fait mieux que cette “hirondelle et son printemps”, qu’il y eut aussi “La vieille qui marchait sur la mer”, “Le bonheur est dans le pré”, “Le viager” et le pourtant inoubliable “Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil”.
« Objection », que je répondrais. Il y eut peut-être ceux-là et même d’autres. Je ne le nie pas. Mais il y eut surtout Michel Serrault, Michel Serrault l’unique, unique, qui su tant nous émouvoir quand il lança à Mathilde qu’elle lui donne ses épluchures pour qu’il les épluche à nouveau, histoire que nous comprenions tous qu’on ne devient pas paysan en allant seulement au restaurant qui ont pignon sur rue et pour y manger le foie gras cultivé par autres.
Raymond Lauret
17 août, par Manuel Marchal
Rentrée scolaire à La Réunion : les communes avancent en ordre dispersé face à la baisse de l’argent de la France pour les PEC
17 out, sanm Justin
Mézami shak ané, kan i ariv pou koup kann — é kan néna késhoz pou koupé — néna demoune apré s’plègn pars issi La Rényon néna pi d’koupèr d’kann é (…)
17 out, sanm Justin
In kozman pou la rout
17 août, par Manuel Marchal
180 litres d’eau par jour et par personne, plus de 30 % de fuite dans les canalisations : droit dans le mur
17 août
Des administrations françaises cibles de plusieurs cyberattaques dans notre région
17 août
Journée internationale de la jeunesse sous le signe de la révolution technologoque