Rien qu’à eux deux...

22 mai 2007

La Possession... Dimanche en milieu d’après-midi.... De là où j’habite, j’entends un bruit de tambour qui, depuis déjà quelques minutes, lance un appel à la population de notre cité Jacques Duclos... J’hésite... et puis m’approche. Et je vois : l’U.S.P. semble avoir fait recette aujourd’hui, si j’en crois le nombre de bus et de bagnoles...
Derrière le trou du mur d’enceinte du stade, le guichetier pèse sur moi un bien lourd et étonné sourire quand je lui demande qui jouent : « Possession contre Ste-Marie », qu’il me répond. A mon tour de sourire. « La Possession » : je l’avais bien deviné ! « Contre » : ça je ne l’ignorais pas ! « Ste-Marie », l’USSM si on préfère : ça m’a l’air sympa comme club, avec son inusable et incomparable Farès Bousdira comme coach et un certain Grégory Pausé dans les buts.
Quand je vais voir un match d’adultes (avec les enfants, c’est pas pareil, ils sont tous tellement spontanés), j’ai un faible pour les gardiens de but. Ce sont toujours les derniers remparts. Mine de rien, ils arrêtent beaucoup plus de fois le ballon qu’ils ne le ramassent au fond de leurs filets. Ils sont élégants malgré qu’ils sont la cible permanente de cinq ou six adversaires rageurs et rageux. Comme je les comprends, à les voir échouer la plupart du temps dans leurs tentatives d’intimidation ! Faut pas compter sur la presse pour relever cela, elle qui préfère encenser les buteurs !
Oui, je les aime bien, ces gardiens du temple. A eux revient la lourde tâche de réussir quand leurs coéquipiers ont faibli ou failli. Et d’une pichenette, d’une belle détente, d’une parade (que les journaleux qualifient souvent de « désespérée »... tu parles !), d’une parade victorieuse, à eux seuls, ils sauvent la baraque !
Dimanche, si ça n’avait pas été un penalty, notre Grégory, il leur aurait encore sauvé la mise à ses coéquipiers et à Farès !
C’est qu’il alla te les chercher, les ballons dangereux ! D’un bout à l’autre d’une partie que ses coéquipiers auraient pu gagner et qu’ils perdirent sur le plus petit des scores.
Oui, ce match de dimanche à “Youri Gagarine”, les gars de l’USSM auraient dû l’emporter. Ils l’avaient entamé pour cela, monopolisant le ballon, dominant leurs adversaires, surtout en première mi-temps... Et même un peu moins par la suite. Mais ils échouèrent, laissant les garçons de Seck Boubacar retrouver de l’allant, avec une première victoire au coup de sifflet final.
C’est que, dans les buts possessionnais, face à eux, élégant lui aussi autant que son vis-à-vis, se dressait un excellent petit gardien. Quand je dis « petit », c’est une manière pleine d’affection de décrire le bonhomme. Le bonhomme en question, ça ne doit pas être loin des 1,90 mètres, ça n’a pas froid aux yeux pour aller chercher les ballons les plus chauds. Ça bondit à trois mètres du sol et capte tout ce qui lui est destiné, voire même à la barbe de tout ce qui est destiné à la tête des attaquants adverses. Il a tout anéanti, à lui seul, je vous dis. Un grand gardien, ce petit !
Rien qu’à eux deux, Nicolas Paul, le Possessionnais et Grégory Pausé, le Saint-Marien, ne m’ont pas fait regretter d’avoir négligé ma sieste dominicale. A peine m’ont-ils permis de reconnaître dans le champ le toujours remuant Tonino Robert, le sobre Nabot et le dangereux Borahimo, trois garçons que j’avais déjà vus sous un autre maillot... A peine m’ont-ils permis également de découvrir Mazzona, auteur de l’unique but, sur un stade où on ne comptait plus les sorties en touche, ce qui pourrait valoir à “Youri Gagarine de figurer au livre des records !

Raymond Lauret


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