Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
5 avril 2006

Curieusement, la presse n’a pas dit le moindre petit mot sur l’inauguration, le vendredi 31 mars dernier, du siège joliment relooké de l’agence portoise de Groupama. Il est vrai que M. Jean-Bernard Grondin, le président local du Conseil d’Administration et M. Bernard Veber, le Directeur Général du groupe pour l’océan Indien, n’avaient pour la circonstance, sorti ni tambours ni trompettes. Ils s’étaient contentés d’un parterre de proches, de ces petites gens qui font le quotidien de ce que recherche la maison et qui semblaient fort apprécier qu’on ait pensé à eux comme invités de marque... Pas de grandes toilettes pour les dames, pas de nœud pap’ pour les messieurs... Juste de ce bonheur et de cette fierté qui rayonnent sur les visages de celles et de ceux qui savent rester simples pour apprécier leurs vies.
Il fallait voir leurs yeux éclairés de bonheur à se retrouver derrière le ruban qu’on allait devant eux couper puis re-découper en de petits morceaux qu’ils pourraient garder en souvenir...
Il fallait les voir, attentifs à écouter les discours. D’abord celui du jeune président qui leur retraçait l’Histoire, avec son H majuscule, de leur société d’assurances aujourd’hui confortée dans une mission de banque et dont "la vocation un temps agricole" osa le défi "de devoir conquérir un jour une cité maritime", avec, au commencement... c’était en 1980... "une institutrice à la retraite, particulièrement déterminée, qui part à l’abordage et réalise les premiers contrats “auto et habitation” et cela en qualité de correspondante locale de la Samda..."
Il fallait les voir ensuite, satisfaits d’entendre le Directeur Général, au bout de ces quelques chiffres qui rassureraient les plus sceptiques et à travers des perspectives qui se dessinent pour un trajet posément ambitieux... il fallait les voir, attentifs mais curieux, sereins mais heureux, satisfaits je vous le redis, à s’imaginer combien ce vendredi soir, ils se trouvaient à quelques pas à peine de là où, il y a encore quarante ans, se dressait la gare ferroviaire, à quelques mètres de la mairie et de l’église, en ce cœur historique d’une ville qui donna si souvent de l’élan aux luttes et aux victoires ouvrières, Léon de Lépervanche en tête, sous les flashes et la pellicule d’un Jules Fen Chong, témoin aux premières loges de mille événements que André Gontier puis Paul Vergès confièrent à Jean-Yves Langenier pour que se poursuive la route-destin d’une incontournable cité...
Et lorsque tout fut dit et que l’on se retrouva dans la cour de derrière, le champagne et les petits-fours pouvaient avoir le goût des plaisirs qui ne sont pas surfaits quand ils appartiennent à ce qui est authentique...
R. Lauret
Le monde a changé
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