Si c’est le prix à payer !

20 mai 2007

Deux millions cinq cent dix mille... C’est le nombre de déplacements aériens qui se feront dans le monde entier en ce mois de mai 2007. C’est en tout cas ce qu’annonce l’O.A.G., le très documenté organisme international spécialisé dans le voyage et les transports.
Le chiffre pouvant vous paraître énorme (et il l’est), vous allez donc être tenté de prendre votre calculette et diviser ces 2.510.000 déplacements par 31 jours pour vous faire une idée du nombre d’avions qui sillonnent le ciel de notre planète quotidiennement.
Ensuite, vous pourrez toujours vous amuser, en multipliant par exemple le chiffre moyen de 250 voyageurs par appareil par le nombre de vols journaliers. Vous avez ainsi une petite idée du nombre de personnes qui, chaque jour - oui, chaque jour - prennent un avion dans le monde.
Pour compléter un tableau qui vous semble peut-être déjà surréaliste, intégrez dans votre vision de la réalité le fait que, à partir des chiffres du mois de mai 2007, ce sont 113.837 vols supplémentaires que la Terre va enregistrer cette année par rapport à 2006. Ce qui peut vouloir dire qu’en 2008, à supposer que cette progression soit linéaire et non exponentielle, nous pourrions enregistrer une augmentation du nombre de vols de l’ordre de 110.000 par rapport à 2007. Soit... “seulement” 300 vols de plus chaque jour ! Nous sommes bien d’accord : il s’agit là d’un minimum.
Dernière donnée de l’O.A.G. : en 2006, il a été dénombré dans le monde 28.240.000 vols. Enorme !
De tout cela nous pouvons déduire deux ou trois choses.
Tout d’abord, qu’il est tentant de se dire que “la démocratisation” du développement aérien étant acquise parce que le monde d’aujourd’hui est devenu pour ceux qui l’habitent un grand village et que se rendre ici ou là est un rêve que l’on croit désormais accessible, les “chiffres” de 2007-2008 vont encore monter. De nouveaux aéroports répondront à une réelle nécessité et les avions auront des capacités de plus en plus grandes.
Qu’ensuite, cette montée en puissance du trafic aérien - avec les créations d’emplois conséquentes - ne va pas améliorer la santé de notre planète. Les cercles autorisés considèrent avec raison que les émissions de CO2 seront à terme multipliées par 3. Étant donné que cette prévision qui n’a rien d’exagéré ne ralentira pas nos besoins et nos envies à tous de prendre l’avion, on peut dire sans grand risque de se tromper que, pour ce qui est de la sauvegarde de notre environnement, nous filons tout droit dans le mur. À moins que...
Ce qui nous amène à penser qu’enfin, il se pourrait que le génie créatif de l’humanité redécouvre les avantages d’un transport maritime qui devra être moderne, rapide, moins coûteux dans son exploitation et dont on dit qu’il est déjà en bonne voie quant à une bonne maîtrise du confort qui sera offert aux passagers sur le plan de la stabilité en mer.
Les progrès fulgurants de la radiotéléphonie mobile et de l’informatique étant ce qu’ils sont, prendre un peu plus de temps pour se déplacer pourrait alors ne plus vouloir signifier qu’on en perde forcement.
Si c’est le prix à payer pour laisser aux générations de demain une Terre la moins dégueulasse possible, pourquoi pas ?

Raymond Lauret


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus