APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
30 mars 2005

(page 2)
Depuis Tokyo où vous soignez l’état des relations entre notre pays et le Japon dans les domaines les plus divers et où vous avez visité l’exposition universelle qui vient de s’ouvrir près de Nagoya sur le thème du développement durable, vous avez parlé, Monsieur le Président, aux Françaises et aux Français.
Vous leur avez dit deux choses, une très importante, l’autre assez banale.
La plus importante, c’est que, je vous cite, "les problèmes européens sont toujours un peu complexes".
Comme vous avez raison d’avoir rajouté alors qu’il "appartiendra à celles et à ceux qui font la campagne, soit en faveur du “oui”, soit en faveur du “non”, d’expliquer les raisons de leur choix..." !
J’apprécie, Monsieur le Président, ce respect que vous portez ainsi à toutes les Françaises et à tous les Français, sans exception, qu’ils aient choisi le “oui” ou qu’ils aient choisi le “non”.
Votre attitude tranche avec celle exprimée par ces responsables d’un “grand parti” vis-à-vis d’autres de leurs camarades. Et j’ai aimé qu’Henri Emmanuelli, menacé d’être sanctionné, dise quand même devant la caméra sa détermination à rester droit dans ses bottes et sa conviction. Voilà une attitude susceptible de vous plaire, à vous aussi...
L’autre chose que vous avez dite, assez banale, c’est que vous nous appelez à voter “oui”. Si j’osais, Monsieur le Président, je vous dirai de ne plus en dire plus. C’est votre droit de voter “oui” et nous le respectons. Mais n’en dites pas plus, n’en faites pas un argument de campagne. Restez à votre place, au-dessus de la mêlée. Et cela pour deux raisons.
La première, c’est que la France, dont vous êtes le premier personnage, aura demain besoin de son Président, que ce soit le “oui” ou que ce soit le “non” qui l’ait emporté, pour défendre nos droits que cette Constitution, telle qu’elle est aujourd’hui rédigée, menace directement. Vous devez rester au-dessus des deux camps. D’autant que, et c’est la seconde raison pour laquelle j’ose vous inviter à ne plus en dire plus, vous-même avez reconnu qu’il y a du souci à se faire. Rappelez-vous, vous disiez il y a une dizaine de jours seulement que, je vous cite, "le principe du pays d’origine reste inacceptable pour la France et pour un certain nombre d’autres pays". Or, Monsieur le Président, que vous ont répondu aussitôt Tony Blair, l’Anglais, et Marek Belka, le Polonais ? Le premier a nié que “la directive services” allait être mise au placard ! Le second a été on ne peut plus clair : "Notre but ultime est une totale libération du marché des services... Le concept de pays d’origine est un pilier de cette directive. Sans lui, elle est vide". Tous deux sont au Conseil de l’Europe, comme vous.
Vous comprenez, Monsieur le Président, qu’il est bon qu’il y ait des Français qui rompent totalement, voire brutalement, avec les tenants de cet ultra-libéralisme dont ils se réclament sans détour au point d’avoir cherché à le “constitutionnaliser”, en missouk, ce qui n’est pas très élégant ni reluisant. C’est même choquant.
Vous vous en êtes ému et vous avez dit à Bruxelles que cela est "inacceptable pour la France et pour un certain nombre d’autre pays".
Je ne voudrais pas suivre dans son commentaire mon camarade du PCR, Claude Hoarau, pour qui votre attitude "sonne comme une pantalonnade indigne d’un homme d’État". Vous n’avez pas que des qualités, vous avez aussi vos faiblesses, des graves faiblesses. Mais les Françaises et les Français vous ont choisi. Faut dire que “les gauches” à Paris vous ont bien facilité l’ascension en 2002 ! C’est l’Histoire et elle ne se réécrit pas. Vous êtes notre Président, cela ne se discute pas.
Faites mentir Claude. Droit dans votre habit de Président, ne lâchez pas, ne lâchez surtout pas sur "ce principe du pays d’origine (qui) reste inacceptable pour la France..." et félicitez-vous qu’il s’est trouvé des gens suffisamment lucides pour oser tirer la sonnette d’alarme.
Ne lâchez pas, même si l’U.M.P Michel Barnier et le P.S. Pascal Lamy, alors commissaires européens, croyaient que c’était acceptable et pensaient que personne ne s’en apercevrait et ne s’en émouvrait.
Ne lâchez surtout pas, d’autant, Monsieur le Président, qu’il est même précisé dans cette Constitution-là que rien ne pourrait être modifié s’il n’y a pas l’unanimité de tous les États qui composent l’Europe. L’heure, Monsieur le Président, n’est donc plus à la pantalonnade...
R. Lauret
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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