APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
1er décembre 2004

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Les cendres de Carlo Fruteau appartiennent aujourd’hui à la terre réunionnaise, cette terre qu’il a, sa vie durant, nourrie de l’idéal qu’il partageait avec d’autres, camarades de son parti, travailleurs et amis, de l’idéal qu’il avait hérité des anciens qui ont su, à leur époque, mener les bons et les justes combats.
Et la foule qui se pressait lundi après-midi dans la grande église de Saint-André symbolisait parfaitement ces populations de tous les coins de l’île qui se reconnaissaient à travers son inébranlable sérénité et la confiance qu’il avait dans l’issue des batailles que l’on mène avec conviction.
Carlo avait grandi au Port. Je me rappelle très bien la place qui était la sienne dans les audacieuses “aventures” auxquelles les jeunes de 12 à 13 ans du quartier de l’église Sainte-Jeanne d’Arc s’adonnaient alors.
Nos parents n’ont jamais su que l’un de nos forfaits préférés, c’était de suivre “le chef Carlo” le long des rails du chemin de fer qui reliait notre cité portuaire à La Possession.
Nous faisions “la course”, poussant, qui une jante de bicyclette, qui un “cercle” de fût, au moyen de cette tige de fer par nos mains usinée pour en faire “l’arriage” entendez le guidon et le frein de notre “formule 1”, nos mollets étant le moteur !
Avec Carlo, que de “boules de pétanque” nous sommes allés, à la tombée du jour, scier dans le stock des pièces d’arrimage du dépôt de la gare du Port, boules d’acier que nous mêlions ensuite aux magnifiques galets ronds que nous trouvions sur le bord de la mer, pour d’interminables parties où nous révélions une certaine adresse !
Avec Carlo encore, nous jouions aux bandits et au shérif. Et là notre réalité pouvait être troublante : elle savait dépasser la fiction !
Et puis, comme nous voulions être aussi sur les rails de notre avenir, il y avait les meetings du maire, Léon de Lépervanche, et de son premier adjoint, un certain Raoul Fruteau, l’oncle de Carlo. Nous nous faisions un devoir d’être toujours aux premières loges avant que, plus tard, nous découvrions un jeune orateur dont l’art et la manière nous subjuguaient déjà. C’était Paul.
Ce furent nos premiers pas dans notre vie de petits d’Hommes, avec Carlo déjà plus grand... Avec Carlo, plus tard devenu grand... Avec Carlo aujourd’hui encore grand dans nos souvenirs.
Raymond Lauret
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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