Libres propos

Sûr que l’ancien Maire de Trois-Bassins...

Témoignages.re / 23 octobre 2007

Trois-Bassins... 5.767 habitants en 1990, 6.598 (14% de plus) en 1999, 6.805 au recensement complémentaire de 2005 : la petite commune des Hauts de l’Ouest ne devrait pas être bien loin des 7.000 habitants en cette fin d’année 2007.

C’est dire que ce dimanche 22 octobre, c’est pas moins de 10% de sa population qui se pressait autour des garde-corps et dans les tribunes du stade municipal “Serge Saint-Alme”. 700 personnes pour applaudir le Trois-Bassins FC, cela aurait signifié 9.000 pour la Saint-Pauloise, 13.000 pour le Saint-Denis FC, ou 7.500 pour la Saint-Pierroise !
Quand on voit qu’il n’y eut “que” 582 au stade Klébert Picard pour le sacre de l’USS Tamponnaise qui décrochait ce week-end son cinquième titre de champion de D1P, soit bien moins que 1% de sa population, on mesure combien a pu compter cette 21ème journée de championnat de super D2 pour les supporteurs de Trois-Bassins FC, lequel recevait l’OC de Saint-André et s’assurait de la montée en Division 1 Promotionnelle.
Et dès dimanche soir, sitôt appréciés les instants d’un bien compréhensible bonheur, pour Daniel Pausé, Jacques Némonide et Jacques Marbois, respectivement Président, Secrétaire Général et entraîneur du club, le temps était déjà venu à la préparation de cette année 2008 qui va voir les petits poucets de là-haut jouer dans la cour des grands pour la première fois dans l’histoire du village.
Curieuse et cruelle situation : au moment où la plus petite commune du TCO voit son club de foot accéder à la D1P, l’incertitude la plus totale plane sur la possibilité pour la grande voisine, la Saint-Pauloise, d’y rester, tandis que l’US Possession est, pour sa part, quasiment condamnée à la division inférieure !
On a envie de dire aux responsables du TBFC de ne surtout pas se laisser gagner par les sirènes des budgets excessifs, comme certains vont se sentir obligés de le leur suggérer ! On a envie de leur dire qu’ils ont là une formidable occasion de prouver que, dans un petit village sans grands moyens financiers, l’envie de jouer pour le plaisir de se mesurer à plus fort que soi peut être un extraordinaire levier dans un football qui doit savoir rester un jeu, un spectacle, une rencontre d’hommes où priment l’amitié et le souci de passer un agréable moment ensemble, dans la grande famille d’un village qui ne veut surtout pas se prendre soudain pour la grande cité aux folles ambitions. Car, s’il est des réalités avec lesquelles on n’a pas le droit de jouer, c’est bien de celles qui relèvent des questions budgétaires.
En un mot, on a envie de les aider à réussir à montrer autre chose que ce qu’on nous fabrique à coup de centaines de milliers d’euros de subventions utilisés pour créer et entretenir une illusion qui, tôt ou tard, s’évanouira. Il s’agit de rester soi-même. Ce qui n’empêche pas le rêve.
Imaginons la Tamponnaise, la Saint-Louisienne, la Jeanne d’Arc, les Marsouins et autres Excelsior ou Sainte-Marienne au “stade Serge Saint-Alme” ! Sûr que, là où il se trouve, l’ancien Maire de Trois-Bassins a bien la larme à l’œil en constatant que cela aura donc été possible... dans sa petite commune des Hauts du Grand Ouest.

Raymond Lauret