APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
1er juillet 2005

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Jean Yves Minatchy est pleinement dans son rôle lorsqu’il fait preuve d’un optimisme réfléchi quant aux perspectives qui s’offrent à la filière fruitière réunionnaise. Cet optimisme est raisonné.
Tout d’abord, il s’appuie sur le fait que, dit-il, "aujourd’hui, soixante-dix producteurs d’ananas livrent leur production à la société Boyer, située à Gillot". Cette société, qui s’appuie sur un réseau solide et qui a fait ses preuves aux Antilles, met sur le marché européen les fruits de notre île. Soit 8.000 tonnes chaque année. Et, détail qui n’en est pas un pour les planteurs, elle paie avec une rigueur qui rassure ces derniers. Et Jean-Yves de préciser que, dans ce milieu où les liquidations judiciaires de tous ceux qui se sont essayés sont à la hauteur de la difficulté de l’entreprise, la “S.A. Boyer Fruits et Primeurs import-export” a fait ses preuves.
Ensuite, anticipant sur la crise que la filière canne pourrait vivre du fait de l’évaluation que l’O.M.C. a pu faire sur la base des “vérités” apportées par les pays gros producteurs, le président de la C.G.P.E.R. pense que, répondant à une logique évidente, de nombreux agriculteurs pourraient être tentés par la reconversion de leur terre à canne en terre fruitière. D’où la nécessité de sauvegarder l’outil export et même d’en amplifier le niveau de performance.
Enfin, personne ne l’a dit mais tout le monde le pense, nos fruits sont bons. Ils sont même, dit-on ici et là et notamment dans les grandes surfaces de métropoles, de très bonne qualité. Le label “Excellence” n’est pas ici usurpé.
Vous comprendrez donc aisément que je soutiens Jean-Yves Minatchy dans son analyse puisque sa démarche est très proche de celle de tout responsable.
Ne faisons surtout pas dire à Jean-Yves ce qu’il ne dit pas. Lorsque le leader de la CGPER affirme que "nous ne sommes pas contre le développement de l’entreprise", j’entends bien qu’il s’agit pour lui que toute l’Entreprise fruitière réunionnaise se développe, celle des planteurs qui sont regroupés dans son syndicat bien sûr, celle d’autres planteurs aussi.
C’est pourquoi je rejoins Jean Yves (il dirait qu’il me rejoint puisque nous en avons (trop) rapidement parlé le 15 juin dernier au téléphone) quand il précise qu’"il y a suffisamment de place pour une extension" du terminal export basé à Gillot, extension qui permettrait d’absorber un substantiel accroissement des volumes à destination de l’extérieur.
Pour cela, et c’est l’idée que Emmanuel Lemagnen, au nom du Conseil régional, a lancée le lundi 27 juin dernier devant tous les partenaires concernés, il importe que la SEMIR, à qui l’on a demandé de racheter le terminal pour éviter une (catastrophique) nouvelle liquidation judiciaire qui équivaudrait à un coup fatal porté à toute politique ambitieuse dans ce domaine, il importe donc que la SEMIR veille à la bonne cohabitation de tous ceux - SA Boyer, Colipays ou autre - qui ont vocation et qui ont montré un savoir faire dans la vente à l’extérieur, des fruits de toute La Réunion, d’où qu’ils viennent.
R. Lauret
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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