APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
17 juillet 2007

Tu aurais eu, nous en sommes certains, les larmes plein les yeux à voir cette foule énorme venue une dernière fois te saluer... Tu aurais été heureuse, j’en suis sûr, de voir qu’au milieu de tes amis, ceux ou celles auxquels la vie t’avait opposée tout au long de nos engagements politiques réciproques avaient tenu à être là, pour saluer eux aussi la grande dame que tu as été... Je le sais : tu aurais apprécié les propos tenus dans ton église du Port par le Père Labonté, par Jean-Yves Langenier et par Huguette Bello qui ont souligné ton engagement porté par ta foi en l’Homme créé pour vivre debout et heureux... Et puis, je le crois aussi comme beaucoup d’entre nous, tu aurais eu envie de la serrer fortement contre toi, ta filleule venue te dire merci d’avoir été pour elle et ensuite pour son enfant et pour d’autres enfants encore, une mère attentive, soucieuse de leur avenir et de leur bonne éducation.
Je le sais, à ceux et celles qui sont venus de partout, du Sud et du Nord, de l’Est et de l’Ouest, de loin ou d’à côté, tu leur aurais dit qu’il ne fallait pas qu’ils se dérangent, que ta modeste personne ne t’autorisait pas à un si grand hommage. Que tu en étais gênée...
Tu sais ce qu’on t’aurait dit alors, Odette ?
On t’aurait dit que tu nous laisses faire... Que tu nous laisses nous rappeler la beauté de ton engagement, la hardiesse de tes prises de paroles de femme décomplexée dès qu’il fallait occuper sa place dans les combats contre l’injustice, contre la répression, contre le mépris... Que tu nous laisses confier à ceux d’aujourd’hui qui ne savent pas, qu’à l’époque, lutter était un risque pris, voire même une audace irréfléchie, un acte d’insoumission à cette espèce de hiérarchie qu’instaurent les “confisqueurs” de République et les marchands de démocratie, oui, que tu nous laisses confier à ceux d’aujourd’hui que tu pris alors ta part de risques, que tu sus faire preuve d’audace et d’insoumission, en un mot de courage...
Tu sais ce qu’on t’aurait dit encore ? Que tu nous laisses raconter aux jeunes de maintenant que tu n’as jamais rien demandé en retour, ni poste, ni indemnités, ni honneur. Seuls t’importaient la fidélité à ton parti, le respect des engagements pris et puis, en couronnement de cela, un sourire sur un visage d’enfant et des instants de bonheur simple dans la vie de nos vieux.
Et puis, nous t’aurions dit que Roger, ton époux, ce compagnon et admirable témoin de ta vie militante, était encore à sa place, à tes côtés, malgré cette grosse maladie qui vous avait à jamais scellés l’un à l’autre durant ces derniers mois. Tu aurais compris, en nous écoutant te dire cela, combien il t’a aimée et combien il va tous les jours et tous les instants cultiver au fond de lui le souvenir de sa femme-courage.
Je te salue, Camarade Mofy, toi que j’ai connue, il y a 36 ans de ça, sur les bancs de notre conseil municipal et, après, côtoyée à vendre le même journal, à arpenter les mêmes terrains et, j’ose le croire, à partager les mêmes idéaux...
Raymond Lauret
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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