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Une société peut-elle vivre sans axe ?
15 mai, par

L’Ascension est souvent réduite à un simple jour férié. Pourtant, derrière cette fête demeure une question profondément politique : qu’est-ce qu’une société décide encore d’élever au-dessus d’elle-même ?
Car une civilisation ne tient pas uniquement par son économie, ses infrastructures ou ses institutions. Elle tient par une verticalité invisible : un ensemble de valeurs capables d’orienter les choix collectifs.
Lorsque cette verticalité disparaît, tout devient horizontal.
Le marché remplace le projet.
La gestion remplace la vision.
L’indicateur remplace le sens.
Et peu à peu, une société finit par administrer son propre épuisement.
À La Réunion, beaucoup sentent qu’un cycle touche à sa fin.
Crise agricole.
Fragilité économique.
Dépendances structurelles.
Fatigue sociale et politique.
Mais derrière ces tensions se cache une crise plus profonde : celle du désalignement entre ce que nous sommes, ce que nous produisons et ce que nous voulons devenir.
Nous avons appris à dépendre avant même d’apprendre à construire.
Dépendance alimentaire.
Dépendance énergétique.
Dépendance économique.
Parfois même dépendance intellectuelle, lorsque nous cherchons systématiquement ailleurs les modèles que nous refusons d’inventer ici.
Or l’Ascension porte exactement l’idée inverse.
Non pas fuir le monde, mais élever notre manière de l’habiter.
Élever le territoire au lieu de l’épuiser.
Élever la transmission au lieu de sacrifier l’avenir au court terme.
Élever la dignité humaine au-dessus de la seule logique comptable.
Car une société qui ne décide plus d’élever ses principes finit toujours par ramper devant ses besoins.
Le véritable alignement des valeurs commence lorsque :
l’économie cesse de détruire ce qu’elle prétend développer ;
la politique cesse de gérer les conséquences pour redevenir capable de fixer un cap ;
la solidarité cesse d’être considérée comme un coût pour redevenir une force civilisationnelle.
L’Ascension nous rappelle finalement qu’aucun peuple ne peut survivre durablement sans hauteur.
Pas une hauteur arrogante.
Une hauteur morale.
Un axe collectif.
Notre époque manque peut-être moins de moyens que d’élévation.
Comme l’écrivait le philosophe chrétien Gabriel Marcel :
« L’espérance est l’acte par lequel l’homme affirme que l’avenir ne lui appartient pas entièrement, mais qu’il peut encore le rendre digne. »
Nou artrouv’
David Gauvin
Une nouvelle étude alerte sur l’urgence d’arrêter de polluer
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