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Le vacillement des multinationales sucrières en ce début d’année 2026 est le signal d’alarme final. Pour La Réunion, le risque est réel : celui de voir s’effriter un pilier qui a structuré notre sol et notre société pendant deux siècles. Mais ce risque est le prix de notre maturité. Le vrai danger n’est pas dans la fin d’un modèle dépassé, il est dans notre incapacité à inventer celui qui vient.
Pendant des décennies, le modèle multinational nous a offert le confort d’une rente garantie par des quotas et des aides publiques. Mais ce confort était un piège : celui de l’aliénation de notre foncier. Nous avons accepté de cultiver pour les autres, de transformer pour les autres, en attendant en retour une perfusion financière qui maintenait le système en vie sans jamais le transformer. Prendre le risque de la transition, c’est accepter de sortir de cette minorité économique pour devenir, enfin, responsables de notre propre sol.
Si le modèle du sucre brut s’effondre, la plante, elle, demeure. Et c’est là que réside notre chance. Libérée de l’obsession du cristal de sucre destiné à l’exportation massive, la canne peut enfin redevenir ce qu’elle est : notre première ressource énergétique et industrielle locale.
Les recherches de l’Institut fondé par Che Guevara à Cuba montrent la voie d’une mutation de substance :
L’autonomie énergétique : En utilisant la biomasse totale (bagasse et paille) pour produire une électricité stable, pilotable et décarbonée.
La souveraineté industrielle : En transformant la fibre de canne en matériaux biosourcés et en molécules pour la chimie verte ici même, créant de la valeur ajoutée qui ne s’évapore plus dans les cales des navires.
Le sucre d’excellence : Produire moins, mais mieux, pour le marché local et des niches de haute valeur, afin de ne plus être les esclaves des cours boursiers mondiaux.
On ne peut pas demander au planteur de porter seul le poids de cette mutation. La chance de ce nouveau modèle, c’est de pouvoir proposer un revenu garanti lié au service rendu au territoire.
Le planteur ne doit plus être le dernier maillon d’une chaîne mondiale, mais le premier acteur de l’autonomie réunionnaise. Son revenu doit être sanctuarisé, non plus comme une aide à la tonne de sucre, mais comme la juste rémunération d’une mission d’intérêt général : produire l’énergie de l’île et préserver son équilibre foncier.
Comme toute naissance, cette transition est incertaine. Mais rester dans un modèle qui s’écroule, c’est choisir un déclin lent et douloureux. Saisir la chance de la « Canne-Énergie » et de la « Canne-Matière », c’est transformer un risque industriel en une victoire territoriale. Nous ne sauvons pas une filière, nous bâtissons une souveraineté.
« Le plus grand péril n’est pas que notre but soit trop haut et que nous le manquions, mais qu’il soit trop bas et que nous l’atteignions. » — Michel-Ange
Nou artrouv’
David Gauvin
Une nouvelle étude alerte sur l’urgence d’arrêter de polluer
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Messages
14 mai, 11:04, par Didier
Pouvoir faire sa niche dans le cadre du capitalisme mondialisé, quelle illusion !
Demandez donc aux Cubains, victimes du blocus économique organisé par l’impérialisme américain, ce qu’ils en pensent !
Bien qu’ayant réfléchi à l’utilisation énergétique de la canne, et ayant arraché leur indépendance politique vis à vis des USA depuis des décennies, ils sont aujourd’hui condamnés aux coupures d’électricité de plus en plus récurrentes, massives et journalières.
Pas de solution possible donc pour les peuples et les travailleurs des pays opprimés par l’impérialisme sans renversement de celui-ci, c’est à dire sans révolution ouvrière communiste mondiale ! C’est ce que devraient affirmer les communistes aujourd’hui, partout dans le monde !