Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Point de vue de Bienvenu H. Diogo
5 janvier 2011

Hier déjà, c’était Madagascar, c’était Togo, aujourd’hui la Côte d’Ivoire. Demain, à qui serait le tour si nous ne devons compter que les pays d’Afrique francophone ? Cette Afrique-là est-elle mal partie pour encore cinquante ans ? Restera-t-elle toujours sous perfusion à cause de ses nombreux problèmes de gouvernance ?
On assiste à une des situations inimaginables de difficultés de succession entre chefs d’Etat en Afrique, aux manquements aux lois fondamentales des gouvernements. Certains chefs d’Etat d’Afrique se transforment en despotes et transfèrent en intérêts privés des biens collectifs. L’Etat devient une chefferie avec une cour de courtisans bien désignés. Rien n’a de sens chez ces dirigeants. Le pouvoir institutionnel devient un pouvoir royal et divin. Ces chefs d’Etat considèrent que le pouvoir leur confère un droit inaliénable, qui leur permettait de disposer du droit de vie et de mort sur leurs propres concitoyens. Tout opposant pouvait mériter la prison sans aucun jugement.
Il est temps et grand temps que cette domination change. Tout d’abord, il faut commencer par les modes d’élections des présidents qui sont très critiquables et manquent souvent de clarté. L’outil de recensement de la population doit permettre une visibilité incontestable des votants.
En outre, pour éviter une gouvernance sans contestation et toute dictature, ne serait-il pas nécessaire et suffisant d’observer scrupuleusement la limitation du mandat du chef de l’Etat ? Aussi ne serait-il pas suffisant qu’un président sortant rende compte de son mandat à son peuple, afin qu’il soit mieux contrôlé ?
Enfin, pour faire plus simple, il faut penser à “casser” ces petits Etats très émiettés pour les recomposer en grands groupes étatiques, voire sur le modèle AOF (Afrique occidentale française) et AEF (Afrique équatoriale française) par exemple, pour mutualiser les ressources et les économies, en instituant des Etats forts dotés de constitutions fortes permettant une gouvernance simple et rotative, contrôlable par des institutions juridiques adéquates.
C’est à cette fin seulement que le mandat du chef d’Etat sera crédible et inattaquable, que l’Afrique redécollera, que le prétendant au “vrai trône” ne l’usurpera pas. C’est aussi par cette manière qu’on évitera de confondre les intérêts de l’Etat avec les biens particuliers et personnels.
A suivre.
Bienvenu H. Diogo
Nos peines
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