Point de vue

Une autre politique de l’art pour éviter un débat stagnant autour du financement

Témoignages.re / 1er février 2012

Convaincu que la création, la transmission, l’éducation de masse et la formation de masse peuvent se conjuguer, se réinventer ensemble pour créer une civilisation de progrès et un peuple éclairé, ma démarche consiste à susciter le réveil du politique.
L’avenir de l’art dépend de notre capacité à renouveler notre culture de l’action publique. La société réunionnaise est en mutation rapide, mais nous fonctionnons en aveugle sur le long terme. La puissance publique doit disposer d’un instrument d’intelligence collective pour prospecter l’avenir.
La promotion de l’art, de la culture réunionnaise et de l’océan Indien est un enjeu central de notre temps. Le politique doit en faire son affaire et sa mission, il ne doit pas la négliger.
Les concitoyens dont les impôts soutiennent les projets culturels, la participation volontaire des amoureux d’art et de spectacles sont moins négligeables, pour ne pas considérer leurs apports en financement, pour encourager le développement des musées, des salles de spectacles, d’expositions artistiques ou autres culturelles. Des idées simples suffisent pour lancer des appels à projets. Seulement, il faut vouloir faire avec sans écarter aucun artiste, ni certains œuvres, si on veut affirmer les singularités du département et de l’espace Océan Indien. Les artistes ont besoin que les politiques prennent à cœur l’art, qu’ils le fassent connaitre, qu’ils ne le sérient pas en art populaire et en art élitiste. Ils auront besoin d’être accompagnés dans leurs créations, qu’on les fasse dialoguer par la circulation de leurs œuvres. On ne mesure pas souvent l’importance de leurs productions artistiques, qui semblent rassembler différents messages et fonctions. Ils peuvent mêler l’évènement public, l’évènement privé, l’histoire et quelques fois les mythes.

Les œuvres d’art s’ancrent dans le temps et expriment des valeurs

Le débat ne doit pas se réduire au seul financement, l’art et la culture doivent prendre véritablement place au cœur des besoins du citoyen. La société de connaissance ne se construira pas sans une exigence de pratique. Il faut donner l’occasion d’Agir et de produire. Là également, la dimension budgétaire, même si nous ne pouvons pas la négliger, elle ne saurait être le pilier de nos raisonnements, ou être un frein à toute volonté de faire avancer les questions sur la place de l’art et des œuvres du patrimoine culturel, qui semblent être aujourd’hui oubliées. L’enjeu est de taille et rien n’est à prendre à la légère, car si une action efficace ne se fait pas sentir dans notre région, notre département subira la dure loi du consumérisme. Dans cette réflexion, nul ne peut séparer les amateurs habituels des choses de l’esprit et les « pratiques culturelles » du plus grand nombre, alimentées par le marché des loisirs.

(A suivre…)

Bienvenu H. Diogo