Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Tribune libre
12 juillet 2013

Au moment où nous allons célébrer la fête de l’Egalité, de la Liberté et de la Fraternité, nous, militants de la Ligue des droits de l’Homme, appelons l’ensemble de nos concitoyens à La Réunion à prendre, dans le contexte actuel, la mesure exacte de notre responsabilité locale pour faire vivre la République et ses valeurs.
C’est pourquoi, au vu de notre situation locale, nous demandons qu’une priorité absolue soit réellement accordée dans notre Ile à la formation et à l’emploi des jeunes.
La question de savoir comment, dans ces domaines, donner plus d’équité et d’efficacité à l’action publique au plan local ne peut être évitée ou repoussée. Nous demandons à nos concitoyens et à nos responsables d’agir en vue de remettre en cause, sans complaisance, ni tabou nos actions en matière de formation et notre politique de l’emploi. Et de ne pas craindre pour cela de réexaminer notre modèle de développement et certaines des règles de gouvernance de notre territoire insulaire.
Nous considérons que ce débat doit s’appuyer sur la notion de "citoyenneté de résidence", fondant notre communauté de destin, en évitant toute "ethnicisation". La question n’est pas de savoir qui est Réunionnais et qui ne l’est pas.
La République en effet n’existe que dans le respect de l’égalité et de l’universalité des droits. Toute discrimination des êtres humains en fonction de l’origine, des choix de vie ou des opinions la défigure. Aucun particularisme n’autorise à déroger à cette exigence. Pour autant, confondre égalité et uniformité, brandir l’universalité pour refuser la diversité, c’est combattre ce que l’on prétend défendre, c’est refuser l’égale liberté d’être soi-même qui fonde toute citoyenneté vivante.
C’est cette notion de "citoyenneté de résidence" qui inspire notre combat, depuis plus de trente ans, pour le droit de vote et d’éligibilité pour tous les étrangers aux élections locales, prenant notamment en compte la réalité des migrations et des transformations du monde (on peut être "citoyen" sans être "national" de l’Etat sur le territoire duquel on réside).
A La Réunion, certains droits ont été ou sont conditionnés dans leur exercice par la prise en compte du lien entre résidence et citoyenneté (droits sociaux longtemps inégaux, régimes fiscaux différents, rémunération de la fonction publique, spécificités diverses liées à notre situation ou à notre histoire). Mais cette prise en compte mérite d’être davantage assumée et organisée. La LDH affirme la nécessité de penser l’égalité autrement que dans l’uniformité.
Aujourd’hui, alors que le chômage massif de nos jeunes concitoyens constitue la rupture la plus grave de la promesse républicaine, et que l’on ne peut tout attendre des efforts de l’Etat et de l’Europe, la mobilisation de notre responsabilité et de notre solidarité locales est indispensable.
C’est pourquoi, dans un esprit républicain, nous invitons tous les partenaires concernés à formuler de nouvelles propositions concrètes pour sortir de l’impasse et à se prononcer pour la tenue, avant la fin de cette année, d’une Conférence régionale pour l’emploi. Afin de faire de la Formation et de l’Emploi des jeunes une Priorité réelle dans notre île. Et de mieux faire vivre notre citoyenneté locale et notre République.
Isnelle Gouljar
Présidente de la Section de La Réunion de la Ligue des Droits de l’Homme
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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