Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Parution
10 avril 2014

L’Université de Halle en Allemagne annonce la parution d’un recueil sur l’île de Madagascar, fruit d’une collaboration de chercheurs de diverses disciplines (anthropologie sociale, économie, histoire) et origines (malgache, allemande, française). « Le sujet de société paisible et solidaire ainsi que les approches multidisciplinaires considérant tant la perspective historique que les pratiques actuelles font de ce produit universitaire un ouvrage qui va sans doute susciter un vif intérêt auprès d’un large public ».
Les habitants de Madagascar, une île marquée par un passé visiblement violent, semblent avoir fait au XXe siècle un choix exceptionnel. En s’imposant la vision d’une société paisible, dénommée usuellement fihavanana malagasy (solidarité malgache), ils ont dès lors, et avec succès, cherché une solution consensuelle ou tout au moins non-violente à leurs conflits.
Comment expliquer le trajet extraordinaire de ce pays, suggérant un développement de la guerre vers la paix, en dépit d’un cadre socio-historique aussi défavorable que celui de la colonisation, de la décolonisation et d’une paupérisation généralisée ? Quelle est la part véritable de cet aspect central de l’identité nationale dans la négociation des grands et petits différends, dans la politique comme dans le quotidien de ses quelque 22 millions d’habitants ? Et que cache le terme fihavanana, souvent stéréotypé comme utopie, avec ses nuances hautement politiques, émotives et nostalgiques à la fois ?
L’ouvrage aborde l’étude du fihavanana d’une manière systématique et critique. Fruit d’une collaboration de chercheurs de diverses disciplines (anthropologie sociale, économie, histoire) et origines (malgache, allemande, française), les contributions s’interrogent, à travers une grande diversité phénoménologique des conceptions du fihavanana, aussi bien dans l’histoire et dans les pratiques actuelles, sur la richesse d’une normativité éminemment contextuelle. Elles invitent à découvrir par des études de cas précis et des approches théoriques que l’avènement d’une « normativité de la bonne entente » à Madagascar est beaucoup moins une rupture avec le passé qu’un aménagement d’une idée ancienne des relations sociales. Allant au-delà d’une simple déconstruction, l’ouvrage permet, pour la première fois, une évaluation selon une large perspective de la vision malgache d’une société paisible, sous pression de toutes parts, mais toujours primum movens du dialogue sur la Grande Ile.
Peter Kneitz
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Nos peines
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