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4 juin, parNos peines
Proposition du Comité pour la mémoire de l’esclavage
13 avril 2005

(page 8)
Le Comité pour la mémoire de l’esclavage, présidé par Maryse Condé et comptant notamment parmi ses membres Françoise Vergès, rendait hier son rapport au Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin.
Outre le bilan des activités de ce comité institué par décret l’an dernier, le rapport présente "des propositions et recommandations issues des apports de chacun de ses membres, enrichis par des consultations", précise Maryse Condé. "Ces propositions sont de nature à faire en sorte que la mémoire partagée de l’esclavage devienne partie intégrante de la mémoire nationale", ajoute-t-elle.
Parmi les propositions remises au Premier ministre, sur lesquelles nous reviendrons plus largement dans nos éditions ultérieures, figure en particulier celle d’une date de commémoration nationale de l’abolition de l’esclavage. La “Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions” est proposée le 10 mai. Cette date de commémoration annuelle rappelle que le 10 mai 2001, "les élus de la République adoptèrent unanimement une loi de portée universelle. C’est un vote historique" qui reconnaît la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.
À l’issue de sa rencontre avec le Premier ministre, Maryse Condé a indiqué que le chef du gouvernement prendrait sa décision en juin, après un comité interministériel sur ce sujet.
10 Mai 2001, Journée de mémoire de la traite négrière et de l’esclavage
Voici un communiqué diffusé hier soir par Christophe Payet, député de La Réunion.
Christophe Payet, Député de la Réunion, se félicite des propositions du “Comité pour la Mémoire de l’Esclavage”, présidé par Madame Maryse Condé et contenues dans un Rapport remis ce jour au Premier ministre.
Instauré par la loi reconnaissant que la traite négrière et l’esclavage sont un crime contre l’humanité, ce comité a su par un travail sérieux répondre à l’attente du législateur.
Ainsi, en faisant le choix de proposer la date du 10 mai comme date de commémoration annuelle en France métropolitaine de l’abolition de l’esclavage pour “une journée de mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions”, le Comité a su dépasser les contradictions inhérentes à ce type de démarche pour proposer un choix fédérateur. Il fait aussi prévaloir une approche citoyenne qui permettra de mettre en exergue le long processus législatif qui a rendu possible que le 10 mai 2001 l’Assemblée nationale, par son vote, se soit hissée au niveau de l’Histoire en reconnaissant à l’unanimité que la traite négrière et l’esclavage sont des crimes contre l’humanité.
Il honore ainsi un combat législatif mené par les élus de l’Outre-Mer, notamment par Mme Christiane Taubira, Députée de la Guyane, les Députés de La Réunion, Huguette Bello, Élie Hoarau, Claude Hoarau, Michel Tamaya et au Sénat par Paul Vergès.
La remise de ce rapport au Premier Ministre constitue une première étape dans la concrétisation des objectifs de la loi de mai 2001. Au-delà du caractère symbolique d’une journée de la mémoire, il importe à présent, conformément aux recommandations du Comité, de dégager les moyens nécessaires et de prendre les décrets d’application adéquats pour favoriser la recherche sur cette période de l’Histoire et faire en sorte qu’elle trouve sa juste place dans les programmes d’enseignement à tous les niveaux.
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