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170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage à La Réunion
19 décembre 2018, par

Demain aura lieu la commémoration du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage à La Réunion. Si aujourd’hui plus personne ne conteste aux Réunionnais le droit de célébrer cet événement historique, le mouvement social déclenché le 17 novembre dernier rappelle l’ampleur de la crise dans notre île. Avec plus de 40 % de la population sous le seuil de pauvreté, il est difficile de parler de liberté pour tous. Pour le PCR, ce 20 décembre 2018 sera placé sous le signe de la mémoire et de la lutte avec la présentation ce soir d’une déclaration du Comité central, et la participation demain à une action de la CGTR visant à faire respecter le jour férié et revendiquer qu’il soit chômé et payé.
La commémoration du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage à La Réunion se déroule dans un contexte marqué par le mouvement social déclenché par les gilets jaunes le 17 novembre dernier.
Le 20 décembre est une date historique pour les Réunionnais. Sa commémoration à La Réunion a été longtemps combattue par les forces conservatrices qui refusaient de reconnaître l’existence d’un peuple réunionnais. Quand le pouvoir utilisa la fraude et les violences contre le suffrage universel afin d’expulser les communistes des Mairies, cette célébration était un acte de résistance. Il fallut une longue bataille pour obliger un parti parisien à inscrire la célébration du 20 décembre jour férié dans son programme. Une fois arrivé à la tête de l’État, le PS refusa que le 20 décembre soit également un jour payé et chômé comme le 1er mai. Cela explique pourquoi de nombreux travailleurs n’ont pas le droit de se reposer le 20 décembre, notamment ceux qui sont employés dans les commerces pour qui ce jour férié est une occasion de réaliser des profits importants à quelques jours des Fêtes de fin d’année.
Voici plus d’un mois, La Réunion a connu le début d’un mouvement social sans précédent depuis des décennies en raison de sa durée et de l’implication de différentes couches de la population. Déclenchée par l’importation dans notre île du mouvement des gilets jaunes, cette mobilisation a permis à des Réunionnais qui ne font habituellement que de se côtoyer de discuter ensemble, de partager leurs difficultés et leurs espoirs. Ce mouvement a rappelé au grand jour la situation sociale inacceptable subie par une grande partie de la population en raison d’un système à bout de souffle, producteur d’inégalités et de pauvreté. Les revendications portent sur de nombreux domaines, notamment celui de la reconnaissance du droit à la dignité des Réunionnais. Car dans les barrages et lors des manifestations devant la préfecture, nombreux étaient ceux qui affirmaient que l’esclavage n’est pas fini, car comment parler de liberté quand le quotidien de près de la moitié de la population est le chômage, la précarité et la pauvreté ?
Le Parti communiste réunionnais sera impliqué dans plusieurs actions relatives à la commémoration du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Ce soir, à l’initiative de la Section PCR du Port, un pique-nique partage est organisé sur le front de mer du Port. À cette occasion sera lue une déclaration du Comité central relative à ce 20 décembre 2018. Le PCR a en effet choisi ce lieu symbolique pour y affirmer sa position, car Le Port a toujours été un des berceaux des luttes revendicatives menées par les Réunionnais pour arracher des avancées sociales.
Le lendemain, le PCR soutiendra l’appel à la manifestation de la CGTR devant les commerces de la ZAC Canabady. Cette mobilisation s’inscrit dans la lutte pour que le 20 décembre, jour férié, soit également chômé et payé comme le 1er mai. C’est un combat mené depuis sa création par le PCR, car en tant que peuple, les Réunionnais ont le droit de pouvoir pleinement commémorer les dates qui ont marqué leur histoire.
M.M.
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