Paul Vergès : un aménageur qui s’en donnait les moyens
10 septembre, par2016-2026 : 10e anniversaire de la disparition de Paul Vergès, témoignage de Houssen Amode
Moroni, Ikoni, Itsandra et Ntsoudjini à Ngazidja (Grande Comore) ainsi que Mutsamudu et Domoni à Ndzuani (Anjouan)
27 juillet, par

Le patrimoine culturel de notre région s’enrichit d’une nouvelle reconnaissance internationale. Lors de sa 48e session, réunie à Busan en Corée du Sud, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a inscrit les médinas des Sultanats historiques des Comores sur la Liste du patrimoine mondial de l’humanité.
Photo : Ikoni à Ngazidja (Grande Comore) (source RC Heritage)
Le bien inscrit regroupe six villes historiques : Moroni, Ikoni, Itsandra et Ntsoudjini sur l’île de Ngazidja (Grande Comore), ainsi que Mutsamudu et Domoni sur Ndzuani (Anjouan). Cette décision vient consacrer plusieurs siècles d’histoire et témoigne du rôle majeur joué par les Comores dans les échanges commerciaux et culturels de l’océan Indien.
Le ministre comorien de la Culture et des Arts, Saïd Mohamed Ali Saïd, a salué une décision très attendue. « Ce classement est une reconnaissance que nous attendions avec beaucoup d’émotion. Moroni, Ikoni, Itsandra, Ntsoudjini, Mutsamudu et Domoni ne sont pas de simples sites historiques pour nous : ce sont des villes vivantes, où l’on continue de prier, de commercer et de célébrer les grands moments de la vie exactement comme le faisaient nos aïeux », a-t-il déclaré.
Selon l’UNESCO, ces six médinas trouvent leur origine dans des noyaux urbains apparus dès le XIe siècle avant de devenir, aux XIVe et XVe siècles, les principaux centres des sultanats comoriens. Leur organisation sociale originale, fondée sur des traditions matrilinéaires et matrilocales associées à des pratiques islamiques toujours vivantes, constitue un patrimoine exceptionnel.
L’organisation souligne également que ces villes illustrent les multiples influences issues des migrations et des réseaux commerciaux qui reliaient l’Afrique orientale, la péninsule Arabique, la Perse, l’Inde et l’Asie du Sud-Est. Leur architecture, leurs ruelles et leurs espaces publics reflètent cette histoire d’échanges, tout en étant profondément adaptés à l’environnement insulaire.
Cette inscription représente une avancée majeure pour les Comores. Elle ouvre de nouvelles perspectives pour la préservation du patrimoine, le développement d’un tourisme culturel durable et la valorisation de l’histoire commune des peuples de l’océan Indien. Elle rappelle aussi que notre région possède un héritage d’une richesse exceptionnelle, désormais reconnu à l’échelle mondiale.
M.M.
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