Il y a 61 ans, l’Allemagne capitulait

À la mémoire de nos disparus

9 mai 2006

Hier, dans chaque commune de France, hommage a été rendu aux victimes et anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale pour le 61ème anniversaire de la capitulation allemande, le 8 mai 1945. Au monument de la rue de la Victoire à Saint-Denis, ancienne et nouvelle génération ont déposé des gerbes de fleurs à la mémoire des défunts et des héros de La Réunion qui ont perdu leur vie pour défendre la liberté.

Max Damour, président de l’Assemblée générale des Anciens combattants et victimes de guerre de La Réunion, a rendu hommage à tous ceux qui ont lutté contre le IIIème Reich, "aux soldats courageux de 1940, de la France Libre, à tous les résistants et prisonniers de guerre". Il a adressé une "indéfectible gratitude aux alliés" qui ont rejoint la France dans son combat contre l’envahisseur nazi. Aux déportés, fusillés, martyres d’une idéologie barbare, aux victimes, héros, orphelins et veuves, "à tous ceux anéantis par la folie criminelle des nazis", Max Damour a rendu hommage.
N’oublions pas non plus que ce 8 mai 1945, de violentes émeutes éclatèrent en Algérie lors d’une manifestation à Sétif, avec une répression d’une extrême brutalité.
En présence des personnalités officielles, des officiers de la Marine, de l’armée de terre, des paramilitaires, des anciens combattants médailles sur le cœur, des grappes de fleurs ont a nouveau étaient déposées au pied du Monument aux morts, à la mémoire de nos disparus. De nombreux enfants ont participé à la cérémonie, car c’est à eux qu’il appartiendra d’entretenir le souvenir d’une date essentielle de l’Histoire, à eux d’honorer les hommes du passé, pour construire l’avenir.

Estéfani


Marguerite Jauzelon : ambulancière sur le front

"Si au moins on s’était tous donné la main"

Masquée par la lignée d’anciens combattants présents à la cérémonie, une octogénaire de petite taille, décorée de la Légion d’honneur, se dégage. Marguerite Jauzelon s’est engagée à 25 ans comme ambulancière dans la 1ère division du général Leclerc. En 1943, après une formation à Madagascar, une brève escale en Algérie, elle débarque dans le Midi de la France et connaît durant les 2 dernières années de la guerre les campagnes d’Alsace et d’Allemagne. À ses cotés, 50 Réunionnaises au moins dont 9 ont vécu la campagne d’Allemagne à ses cotés. À l’annonce de la fin de la guerre, ce fut un mélange de "joie surtout et un peu de tristesse" de quitter toutes celles et ceux dont les vies ont été scellés à jamais par cette guerre. Sa dévotion, son envie de se rendre utile l’ont à l’époque protégé de la conscience du danger. Ce n’est que bien longtemps qu’elle se rappela les bombes qui fusaient au-dessus de sa tête, alors qu’elle portait secours aux blessés. Elle se rappelle le jour où cet Allemand transporté dans l’ambulance par une conductrice qui ne ménageait pas sa conduite, malgré les cris de douleurs du blessé, lui pris la main et la remercia. "Si au moins on s’était tous donné la main". Marguerite souhaite que cette nouvelle génération n’oublie pas.


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Témoignages - 82e année


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