Après la célébration du 10 mai

À la mémoire des esclaves comoriens

15 mai 2006

À l’occasion du 10 mai, fête nationale de l’abolition de l’esclavage, l’association Cultures et Traditions des Comores a organisé à Saint-Denis une commémoration sur le parvis des Droits de l’Homme, à Champ Fleuri, pour la mémoire des esclaves comoriens transportés à La Réunion.

Dès le 13ème siècle, l’Archipel des Comores était une plaque tournante de la traite des esclaves. Ces esclaves transitaient sur ces îles pour terminer vers celles de l’océan Indien, l’Ile de La Réunion, et l’Amérique. Parmi eux figuraient des esclaves d’origine comorienne.
Dans le cadre du 10 mai, fête nationale de l’abolition de l’esclavage, l’association Cultures et Traditions des Comores, avec la participation de la Chaire de l’UNESCO, ont organisé une commémoration sur le parvis des Droits de l’Homme, à Saint-Denis.
Au nom de l’association, Monique Couderc et Ali Ahmada étendent cet acte de mémoire aux engagés comoriens et aux personnes vivant en état d’esclavage de par le monde aujourd’hui encore. Tous voient dans ce rassemblement symbolique où se sont rendus les représentants du Département et de la Région, le moyen de sortir l’histoire du silence et un début de réparation.

Un jour historique

Après les prières et les chants religieux à la mémoire des esclaves, Alain Armand, vice-président de la Région délégué à la Culture, a fait part de son émotion et au nom du Conseil régional a souligné lui aussi la portée symbolique de cette journée : face à "un passé fait de larmes, de sang, d’humiliation", il nous faut "inscrire les droits de l’Homme en nous" et être conscients que "la terre réunionnaise est redevable à tous et à toutes, et qu’elle reste la terre de tous ceux qui l’ont faite et qui continue de la construire".
Sudel Fuma, historien, a fait un bref exposé historique, rappelant que ce n’est que le 29 février 1904 que l’esclavage est aboli aux Comores. Président de la chaire de l’UNESCO à La Réunion, il espère que cette première commémoration marque un jour historique.
L’après-midi, quoique solennelle, a gardé un aspect festif avec les danses de l’Association des étudiants comoriens à La Réunion, avec un rond de moringue et aussi de la poésie.

Eiffel


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Témoignages - 82e année


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