D’Astaffort au Kabardock

À la rencontre des talents

24 juin 2006

Les Rencontres d’Astaffort, dédiées à la formation aux métiers de la chanson, sont organisées par Voix du Sud non seulement dans ce petit village du Lot et Garonne, mais aussi à Madagascar, au Québec, en Suisse, au Maroc et à La Réunion. Les participants à ces différentes sessions se rencontreront en fin d’année à Astaffort.

Serge Trouillet, vous êtes Chargé de mission à Voix du Sud pour le développement et la francophonie. Comment le concept des Rencontres a-t-il été amené à voyager ?

- De plus en plus de personnes venues de tout l’espace francophone s’inscrivaient aux Rencontres d’Astaffort. C’est ainsi que nous est venue l’idée d’aller in situ (en français : dans son milieu naturel - NDLR) dans ces différents pays francophones pour mieux comprendre l’identité culturelle et atteindre ceux qui sont pris dans leur isolement. L’isolement est le même en province, il faut faire savoir, faire connaître, révéler des talents, se surprendre soi-même.
Comme les chansons doivent être universelles - je ne dis pas formatées -, nous essayons de voir comment leur permettre de rencontrer d’autres personnes qui font la même expérience ailleurs pour vivre de la chanson. Ici, les gens écrivent en créole, chantent peu en français, peu importe, l’important c’est que ce soit bien écrit et bien fait. La musique de l’Outre-mer est souvent classée comme du folklore, nous voulons lui donner sa place entière de chanson et de musique. Ce qui nous intéresse, c’est ce que les jeunes disent.

Vous avez coordonné ces Rencontres. Le travail porte-t-il sur la scénographie ? La composition ? L’interprétation ?

- Pas de travail scénographique, même s’il y a un rendu à la fin. L’accent est mis sur l’écriture, la composition, l’interprétation. Les premières Rencontres en 2005 ont permis à chacun de mieux se situer dans un de ces domaines. La deuxième phase a permis de continuer à travailler ensemble. Ainsi est né un trio entre Fred Tolar, Roland Pedel et Davy Myrtho, un groupe en gestation que nous accueillerons en résidence à Astaffort... Les 5 autres Réunionnais et les 3 Malgaches participeront aux Rencontres francophones d’Astaffort. Avec les sessions de Québec, de Suisse, du Maroc. Tout avance au hasard des Rencontres, ce qui permet de croiser les regards, de croiser les savoirs. Pour nous, le gagnant suprême c’est la chanson, ce sont les œuvres.

Comment Astaffort trouve Kabardock ?

- Voix du Sud a trouvé au Kabardock un vrai lieu de rencontre où peut vivre un groupe, où il existe une envie de défendre un projet culturel. C’est un lieu qui offre une formation permanente aux métiers de la musique.
Ce que j’ai constaté à La Réunion, c’est que la musique est un loisir, pas un métier. Mais derrière la musique, il y a une réalité économique. Les artistes réunionnais, en construisant des réseaux, en sortant une vraie matière, pourront sortir de l’île et être reconnus en tant que professionnels.

Francky Lauret 


An plis ke sa

o Les Rencontres du Kabardock
La première étape des Rencontres du Kabardock a réuni 16 auteurs, compositeurs et interprètes à Dos d’Ane, en immersion totale pendant 9 jours. Elles ont permis de créer un répertoire, présenté en première partie du concert d’Enzo Enzo en juillet 2005.
Cette année, les Rencontres du répertoire permettent aux 8 artistes sélectionnés de peaufiner leurs créations présentées lors du récent concert de Maurane, leur marraine.

o Les Rencontres francophones de l’océan Indien ?
Ce projet est devenu un axe majeur du Kabardock, tant au niveau de la formation que de la coopération. Mais il y a encore l’ambition d’aller plus loin. Les Rencontres du Kabardock ambitionnent de devenir les futures Rencontres francophones de l’océan Indien, en s’ouvrant aussi à tous les pays francophones de la zone.


Les Rencontres, de l’intérieur

Avec Kristoff de Verzonroots

Koman ou la rotrouv aou dann les Rencontres du Kabardock ?

- I fé lontan moin lé suivi par l’assos Club F42. Banna i travay èk Kabardock. La propoz amoin, moin la été retenu. Nou la parti Dos d’ne di zour, pou travay la mizik épi la, ni vien finir lo dézièm sésion. Lé sipèr. Lo Kabardock la fé tout pou mèt anou dan lé kondision de travay.

Kosa la aport aou ?

- La aport amoin plin d’soz : rankontré d’ot zartis, kréé de nouvel sanson. Dan tou sa moin la ékri “a si sèlman” èk Davy Myrtho, in sanson moin la santé Madagascar, pou l’inogiration l’Alliance Française de Tananarive. Osi, lo sanson moin la santé pou 9 semaines et 1 jour, mi sa sant ali pou les Francofolies de La Rochelle. Ek lo rankont Kabardock, nou la pi fèr la première partie de Maurane, Enzo Enzo, fé akout azot nout mizik.
Epi lé tré pointu, bann formatèr i dékortik out morso, i fé travay aou sylab par sylab, not pou not, ziska i tourn karé. Nou la travay dann kondision profésionèl, si la sèn. Moin la zoué pou in dézièm kou si la sèn Champ Fleuri.

Francky Lauret

Kristoff sera avec Bann Laope, samedi à 18 heures 30 à la Source.
Verzonroots donne un concert dimanche au Bambou Bar à Boucan Canot à 18 heures.


Des noms talentueux

Mais aussi des groupes...

Si les noms des participants aux Rencontres du Kabardock ne vous disent rien, leurs groupes ou les artistes avec qui ils ont pu travailler ne vous sont pas inconnus : Kristoff Fruteau de Laclos membre (Verzonroots), Jim Fortuné (Ziskzako), Claudine François (Karamell, Kom Zot Family), Ludovic Clain (Davy Sicard), Frédéric Tolar (Paquebot, Ti Bois), Roland Pedel (Paquebot), Davy Myrtho (Lététan), Serge Sautron (Riskab, Davy Sicard).
Trois artistes malgaches sélectionnés lors des Rencontres d’Antsirabé ont rejoint les lauréats réunionnais. Il s’agit de Miaraka Ramelina, Danielle Raharivola et de Luci Tony Hadassa Raparson.


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